A la télévison allemande – Jean Asselborn met en garde Grecs et Allemands

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À la télévison allemandeJean Asselborn met en garde Grecs et Allemands

LUXEMBOURG/ALLEMAGNE - «Les Grecs et les Allemands doivent retrouver le sens de la mesure» a estimé Jean Asselborn, mercredi, à la télévision allemande.

Sur la chaîne «ARD», Jean Asselborn s'est prononcé pour un examen «historique et juridique» de la demande de réparation de la Grèce.

Sur la chaîne «ARD», Jean Asselborn s'est prononcé pour un examen «historique et juridique» de la demande de réparation de la Grèce.

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Invité à la télévision allemande mercredi soir, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn (LSAP), s’est clairement prononcé contre un «Grexit», la sortie de la Grèce de l’euro. Il a également appelé Grecs et Allemands à moins d’arrogance. Après l’affaire LuxLeaks, Jean Asselborn s’est à nouveau trouvé sur le plateau du talk-show politique «Anne Will» mais cette fois sur le thème: le gouvernement Tsipras est-il au bord du précipice? L’émission comptait entre autres invités Sahra Wagenknecht, vice-responsable du groupe parlementaire de gauche et le politologue Alexis Passadakis. Dans ses interventions, Jean Asselborn a montré de la compréhension pour les Grecs qui, actuellement, «se retrouvent à terre», notant au passage que 40% des gens étaient privés d’une couverture maladie.

Il y a quelques jours, la position du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, contre l’allègement de la dette grecque, n’est pas passée inaperçue dans la presse internationale. Le gouvernement d’Athènes a renversé les rôles en exigeant de l’Allemagne des réparations pour les crimes commis par la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, à hauteur de 332 milliards d’euros. Anne Will s’est alors tournée vers Jean Asselborn pour lui demander si cette demande d’Athènes était sérieuse ou relevait de la pure stratégie.

«L'émotion est montée d'un cran»

Le ministre des Affaires étrangères a d’abord éludé la question de la présentatrice et convoqué l’esprit européen de la réconciliation et du traité de Rome. «Nous devons nous battre dans le dossier syrien et ukrainien et pour le plan de sauvetage de la Grèce. Pour l’Europe, ce serait un échec si la haine et les menaces prenaient le dessus». Jean Asselborn a estimé qu’il fallait «mettre très rapidement un frein à ces dérives». Il a appelé à une distinction entre les demandes de réparation de la Grèce et les aides que ce pays a obtenues, au risque de voir l'Europe «perdre» la Grèce. Concernant les réparations, le ministre luxembourgeois a estimé que cette question devait être étudiée «sur le plan juridique et historique».

L’animatrice souhaitait obtenir une réponse claire à sa demande. Jean Asselborn a finalement consenti à donner un peu plus d’explications. Selon lui, «l’émotion est montée d’un cran et tous les Européens souhaitent qu’une solution rapide se dessine». «Les deux parties doivent baisser d’un ton et très rapidement», a insisté le ministre luxembourgeois, pointant du doigt tous ceux qui ont attisé le débat à Berlin et Athènes.

Vous pouvez regarder cette émission sur la page d’accueil de «Anne Will».

(Sophia Schülke/L'essentiel)

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