Affaire «LuxLeaks» – Jean-Claude Juncker dans de sales draps

Publié

Affaire «LuxLeaks»Jean-Claude Juncker dans de sales draps

LUXEMBOURG - Le nouveau président de la Commission européenne semble déjà en difficulté. Jean-Claude Juncker va avoir du mal à justifier auprès des partenaires européens le système mis en place.

Juncker pourrait faire les frais des fuites dans la presse.

Juncker pourrait faire les frais des fuites dans la presse.

AFP

«Comment le Luxembourg siphonne les revenus belges grâce à un dumping fiscal». Ce titre du journal belge Le Soir laisse peu de place au doute sur la manière dont les voisins du Grand-Duché interprètent LuxLeaks. Le système d’optimisation fiscale leur a coûté cher. Or, Jean-Claude Juncker était à la tête du Grand-Duché de 1995 à 2013. Un mandat qui couvre toute la période où le système a été mis en place et où les accords fiscaux ont été signés.

De quoi singulièrement compliquer la tâche du président de la Commission européenne. Surtout à un moment où elle réclame une rallonge de quelque 2 milliards d’euros à l’Angleterre, par exemple. Le quotidien britannique Guardian estime que «ces révélations seront embarrassantes» pour Juncker.

«Le tax ruling dans notre patrimoine» selon Pierre Gramegna

Qui plus est, la Commission européenne a ouvert en juin quatre enquêtes sur la pratique fiscale de «tax ruling» visant des États membres. L’une d’elles concerne d’ailleurs déjà le Luxembourg, et des accords passés avec Fiat Finance and Trade, qui fournit des services de gestion de trésorerie au groupe automobile Fiat.
Dans une interview au Monde le 29 octobre, le ministre DP des Finances, Pierre Gramegna, avait expliqué que la pratique de tax ruling «fait partie de notre patrimoine et nous voulons la perpétuer dans le respect des règles». «Le maintien d'une certaine compétitivité, loyale, entre les États dans le domaine fiscal est indispensable», ajoutait le ministre du Grand-Duché.

Lors d'une conférence de presse à Luxembourg, mercredi, il a toutefois également rappelé «la stratégie du nouveau gouvernement en matière de transparence». Selon un porte-parole du ministère des Finances, contacté jeudi matin par L'essentiel, «les efforts pour rendre le Luxembourg transparents sont justifiés», du coup.

Il n’en reste pas moins que l’optimisation fiscale n’est plus trop dans l’air du temps. De son côté, l'OCDE a publié en septembre à destination du G20 des recommandations contre ces stratégies sophistiquées et le plus souvent légales permettant aux multinationales de payer le moins d'impôts possible. L'OCDE milite pour rétablir «la souveraineté fiscale» à savoir que les bénéfices doivent être taxés là où ils sont réalisés.

(L'essentiel)

Ton opinion