Journée décisive en Europe – Jean-Claude Juncker devant le Parlement
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Journée décisive en EuropeJean-Claude Juncker devant le Parlement

L'ancien Premier ministre luxembourgeois se trouve à Strasbourg afin de recueillir les voix des eurodéputés en vue de son élection au poste de président de la future Commission européenne.

Le vote à bulletins secrets, programmé à 12h30, après une déclaration du candidat chrétien-démocrate, pourrait être assez serré. Jean-Claude Juncker doit obtenir la majorité absolue, soit 376 voix sur 751 députés. Il compte sur les 480 voix du bloc formé par les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) et les socialistes, renforcé par les Libéraux et centristes. Mais de nombreuses défections sont attendues. Au moins une soixantaine d'élus des trois groupes voteront contre ou s'abstiendront, selon des décomptes officieux.

Le candidat espère compenser ces défections en ralliant les suffrages d'une partie des 50 députés Verts. «Son intervention avant le vote sera déterminante pour nombre d'élus tentés par l'abstention», a confié FP, un responsable du Parlement. M. Juncker espère faire mieux que le social-démocrate allemand, Martin Schulz, réélu début juillet président du Parlement européen avec 409 voix. Les députés européens ne veulent pas lui donner un chèque en blanc. Ils entendent ainsi peser sur la composition de son équipe et sur la répartition des portefeuilles.

Le jeu des nominations et des chaises musicales

Les libéraux ont montré qu'ils sont incontournables pour la constitution d'une majorité au Parlement et ils ont des revendications. Leur chef, l'ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, réclame «une représentation pour sa famille politique dans toutes les institutions», et exige «pas moins de neuf postes de commissaire pour des femmes», comme dans la Commission sortante. Or, la désignation des candidats est une prérogative des États et ils n'entendent pas se laisser dicter le choix de leur commissaire. Pour le moment, l'écrasante majorité des candidats désignés sont des hommes.

Mogherini contre Georgieva

La présidence du Conseil pourrait alors revenir au PPE ou aux libéraux, également en lice pour la seconde partie du mandat de président du Parlement européen. «Il s'agit plus d'un affrontement des forces politiques que d'une question de personne», confie une source européenne. Après les déchirements avec le Britannique David Cameron, fin juin, qui s'était retrouvé totalement isolé dans son combat contre M. Juncker, les chefs d'État et de gouvernement doivent décider de ces deux nominations à l'unanimité. En cas de blocage, ils pourraient finalement choisir d'attendre la constitution de la Commission européenne avant de désigner le futur président du Conseil, et renvoyer cette décision à un nouveau sommet en septembre ou en octobre.

Le sommet de mercredi soir à Bruxelles ne déboucherait que sur la nomination du successeur de la Britannique Catherine Ashton à la tête du service diplomatique. Le poste devrait revenir à une femme. La jeune chef de la diplomatie italienne, la social-démocrate Federica Mogherini, tient la corde, mais la Bulgare Kristalina Georgieva, proche du PPE et actuelle commissaire à l'Action humanitaire, brigue également la fonction.

(L'essentiel/AFP)

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