Proche-Orient – John Kerry pessimiste sur le processus de paix

Publié

Proche-OrientJohn Kerry pessimiste sur le processus de paix

Le secrétaire d'Etat américain a réaffirmé mercredi que la solution à deux Etats était «la seule voie possible pour obtenir une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens».

«En dépit de tous nos efforts ces dernières années, la perspective d'aboutir à une solution impliquant deux Etats est maintenant en grave danger», a déclaré John Kerry. Il a accusé Israël d'avoir engagé «un projet exhaustif» pour s'approprier des terres en Cisjordanie. Le statu quo au Proche-Orient mène à «une occupation perpétuelle», a déploré le chef de la diplomatie américaine. Il s'exprimait à Washington lors d'un grand discours exposant la vision de l'administration du président sortant Barack Obama sur le Proche-Orient.

La politique des colons «est en train de décider de l'avenir d'Israël», a ajouté M. Kerry. «Leur objectif déclaré est clair: ils croient en un seul Etat, le grand Israël», a encore dénoncé M. Kerry. «Quiconque réfléchissant sérieusement à la paix ne peut ignorer la réalité de la menace des colonies sur la paix», a-t-il ajouté. Les Etats-Unis «ne peuvent pas, en toute conscience, ne rien faire, ne rien dire, au moment où les chances d'aboutir à la paix s'amenuisent».

Etat juif ou démocratique

Vendredi passé, lors d'un vote du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant les colonies israéliennes, les Etats-Unis n'ont pas opposé de veto, une première depuis 1979. Cette abstention a provoqué la colère de l'Etat hébreu. La résolution «visait à préserver la solution à deux Etats», a justifié M. Kerry mercredi. «Aujourd'hui, le même nombre de Juifs et de Palestiniens vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée», a-t-il souligné. «Ils n'ont pas le choix. Ils peuvent choisir de vivre ensemble dans un Etat, ou ils peuvent se séparer en deux Etats».

«Mais il y a une réalité fondamentale: si le choix est celui d'un seul Etat, Israël peut être soit juif, soit démocratique - il ne peut pas être les deux - et il ne sera jamais vraiment en paix», a noté M. Kerry. «Comment Israël peut-il concilier son occupation perpétuelle avec ses idéaux démocratiques?», a encore demandé le chef de la diplomatie américaine. «C'est ce que nous défendons: l'avenir d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique, vivant en paix et en sûreté à côté de ses voisins», a-t-il dit.

Soutien sans faille de M. Trump

Tout comme M. Obama, John Kerry quittera ses fonctions le 20 janvier. Il a souligné qu'il incomberait à la prochaine administration républicaine et au président élu Donald Trump de se prononcer sur les colonies de peuplement, sur le statut de Jérusalem et sur le processus de paix au Proche-Orient dans son ensemble. Avant le discours de M. Kerry, Donald Trump a de nouveau apporté son soutien clair à Israël. «Nous ne pouvons pas continuer à laisser Israël être traité avec un total mépris et un tel manque de respect», a écrit le milliardaire.

M. Trump a nommé récemment un ambassadeur en Israël favorable au déménagement de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Un geste qui pourrait sonner le glas des efforts de Washington pour la paix au Proche-Orient.

(L'essentiel/ats)

Ton opinion