Le gouvernement se retire – Juncker se résout à de nouvelles élections
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Le gouvernement se retireJuncker se résout à de nouvelles élections

LUXEMBOURG - Il y aura des élections législatives anticipées. Peu avant 21h, mercredi soir, Jean-Claude Juncker s'est résolu à la démission de son gouvernement.

Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg depuis 18 ans, s'est défendu bec et ongles sur sa gestion du service de renseignements. Mais il a capitulé devant le front commun LSAP-opposition. Le gouvernement a démissionné, ce qui entraînera des élections législatives anticipées au mois d'octobre.

D'entrée, le président de la commission d'enquête sur le SREL, François Bausch (Déi Gréng), a mis en cause la responsabilité politique du Premier ministre dans les dysfonctionnements constatés.

En vieux lion de la politique, Jean-Claude Juncker n'a rien lâché. Il s'est défendu pied à pied, récusant pendant deux heures toutes les accusations du rapport de la commission d'enquête. «Le service de renseignements n'était pas ma priorité politique», a-t-il dit à plusieurs reprises, se défendant aussi d'avoir fait espionner quiconque. «Ce n'est pas mon genre», a-t-il expliqué en français dans le texte.

Répondant point par point à tous les reproches, il a accusé la commission parlementaire d'avoir failli dans le contrôle des activités du SREL. Admettant des «erreurs», il s'est posé parfois en victime: «Je ne suis pas d'accord pour endosser la responsabilité, car si c'était le cas, chaque ministre devrait alors être responsable de la moindre erreur commise par un fonctionnaire». À l'issue de son discours, Juncker a défié les députés. «Si vous devez voter, alors votez».

Après que Gilles Roth, chef de la fraction CSV, eut défendu son leader, Claude Meisch, chef de fraction du DP, a enfoncé le clou. «Il est temps d'assumer ses responsabilités», a-t-il dit. Alex Bodry, le président du parti socialiste, partenaire de coalition, a été encore plus direct.

Reconnaissant «des erreurs par omission», plus qu'une faute grave commise volontairement, parlant «d'erreurs de jugement», Alex Bodry a remis au président de la Chambre, Laurent Mosar, une motion demandant la dissolution de la Chambre des députés et l'organisation d'élections législatives anticipées. Une autre motion était elle déposée par les partis d'opposition (DP, Verts, ADR et déi Lénk).

Mais il n'y aura finalement pas eu besoin d'un vote. Revenant à la tribune, Jean-Claude Juncker a constaté que ses explications n'avaient pas suffi. À 20 h 58, il annonçait la démission du gouvernement, en place depuis le 23 juillet 2009. Il la présentera ce matin au Grand-Duc Henri.

(Denis Berche)

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