Règlements de compte – Juncker tacle ses confrères européens

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Règlements de compteJuncker tacle ses confrères européens

Le Premier ministre, doyen des chefs de gouvernement de l’UE a haussé le ton dans le Financial Times Deutschland: selon lui, ses homologues plombent la construction européenne.

Jean-Claude Juncker ne comprend pas pourquoi ses homologues passent leur temps à appuyer là où ça fait mal. (AFP)

Jean-Claude Juncker ne comprend pas pourquoi ses homologues passent leur temps à appuyer là où ça fait mal. (AFP)

Si les Européens ont du mal à aimer l’Europe, c’est la faute aux dirigeants des 27. C’est en gros ce que Jean-Claude Juncker dénonce dans les colonnes du journal allemand. «Nous avons trop pris l’habitude de dire ce qui ne va pas» explique-t-il. Bref de mettre l’accent sur les trains qui arrivent en retard plutôt que sur ceux qui arrivent à l’heure. L’Union européenne ressemble plus à une «bagarre collective qu’à un ensemble harmonieux» et selon lui, difficile pour une nouvelle génération pro-européenne de s’imposer «quand les dirigeants actuels s’attèlent à mettre en avant ce qui nous différencie plutôt que ce qui nous rassemble».

Alors qu’il existe des choses qui fonctionnent quand tout le monde tire dans le même sens. «L’euro nous a sauvés pendant la crise» confie-t-il. Ça serait le bazar si «on avait 25 ou 26 monnaies nationales avec autant de politique monétaire et de banques centrales». Et ne comprend pas comme l’Europe n’est «pas capable de l’expliquer aux gens».

Une taxe européenne

Pour le Premier ministre luxembourgeois, les hésitations d’Angela Merkel lors de la gestion du dossier grec ont révélé le dysfonctionnement de l’Union. «Je m’inquiète du fait qu’on ait d’abord un regard national sur les sujets européens au lieu d’avoir un regard européen sur des sujets de la politique intérieure». Selon lui, l’attitude de la chancelière est électoraliste, trois semaines avant des élections décisives en Rhénanie-du-Nord Westphalie, le Land le plus peuplé d’Allemagne, qui pourrait basculer en faveur du SPD.

Pour couper court à ce genre de tergiversations? Une taxe européenne. «Si on avait une taxe européenne, il y aurait moins de dispute sur le financement de l’Union européenne».

Marion Chevrier/lessentiel.lu

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