Discours à Strasbourg – Juncker va tenter de ressouder les Etats de l'UE

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Discours à StrasbourgJuncker va tenter de ressouder les États de l'UE

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, va prôner l'unité pour un nouveau souffle post-Brexit dans son discours annuel sur «l'état de l'Union» à Strasbourg.

Ses gestes et son attitude seront scrutés par les observateurs ce mercredi.

Ses gestes et son attitude seront scrutés par les observateurs ce mercredi.

AFP

Marché numérique, investissements, défense, migration: le cru 2016 de cet exercice annuel devrait balayer une série de propositions concrètes, susceptibles d'unifier les 27, dont les chefs d'État et de gouvernement se réuniront dans la foulée - sans le Royaume-Uni - vendredi à Bratislava. Seul face aux 751 sièges bleus des eurodéputés dans l'hémicycle strasbourgeois, Jean-Claude Juncker aura trois heures mercredi matin, questions comprises, pour dresser l'état des lieux de l'UE post-Brexit, avant de dévoiler son plan de bataille des prochains mois.

«Nous attendons un discours fort, qui fasse date, qui porte la voix de l'Europe», a prévenu Gianni Pittella, président du groupe Socialistes et Démocrates au Parlement. Car «l'Union est en mauvais état», a diagnostiqué Guy Verhofstadt, le chef de file des Libéraux. Ce serait une «erreur fatale» de ne pas tirer les leçons du Brexit, a pour sa part prévenu le président du Conseil de l'UE, Donald Tusk, pour qui le sommet de Bratislava, vendredi, constituera «un tournant décisif» quant à la protection des frontières extérieures européennes face aux inquiétudes nées de la crise migratoire.

Des propositions concrètes présentées mercredi

Pour son discours, comparable aux fameux discours sur l'état de l'Union des présidents américains, Jean-Claude Juncker aura l'honneur du pupitre central, habituellement réservé aux chefs d'État et aux invités de marque du Parlement européen. Ses gestes, son attitude seront scrutés, lui dont l'état de santé est fréquemment questionné par la presse européenne, malgré une ferme mise au point en juin: «Je ne suis ni fatigué ni malade». La capacité du Luxembourgeois, 61 ans, «à jongler avec les langues ou à s'écarter de son discours» constitueront autant d'indices, selon un diplomate européen.

Il va proposer «un agenda positif pour les 12 mois à venir», «des propositions concrètes», a affirmé un porte-parole. Le chef de l'exécutif européen abordera les plans de Bruxelles en matière de sécurité et de défense, l'un des sujets majeurs du sommet de Bratislava. Mais l'économie numérique devrait aussi constituer un pan important de son discours: la Commission européenne compte présenter dans la foulée, mercredi après-midi, deux importants projets de réforme, l'un sur les télécoms, l'autre sur les droits d'auteur.

Jean-Claude Juncker est par ailleurs attendu par les députés sur la grande affaire de sa rentrée: l'évasion fiscale, à la suite de la retentissante décision de la Commission qui a contraint le géant américain Apple à rembourser à l'Irlande 13 milliards d'euros d'«avantages fiscaux indus» assimilés à des aides d'État.

(L'essentiel/AFP)

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