Audition en commission – Juncker veut faire table rase du passé du SREL

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Audition en commissionJuncker veut faire table rase du passé du SREL

LUXEMBOURG - Entendu ce mardi devant les membres de la commission d'enquête parlementaire sur les services secrets, le Premier ministre a annoncé qu'il souhaitait mieux encadrer ce service.

Lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire, Jean-Claude Juncker s'est dit «horrifié» par les agissements du SREL.

Lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire, Jean-Claude Juncker s'est dit «horrifié» par les agissements du SREL.

Editpress

Les explications données par Jean-Claude Juncker devant la commission d'enquête parlementaire, mardi, aurait pu tourner au grand déballage. Elle s'est finalement résumée à des constats d'impuissance et à des déclarations de bonnes intentions. Dénonçant les agissements de «certains électrons libres du SREL», le Premier ministre a assuré avoir été «horrifié» par certaines pratiques en vigueur au sein des services secrets. Des agissements incontrôlés en raison de «l'absence de cadre juridique clair» et de procédures non adaptées.

Assurant ainsi n'avoir été informé que «tardivement» de l'enquête pour pédophilie menée contre Robert Biever, procureur général d'État, le chef du gouvernement a tenu à préciser qu'«il n'avait jamais ordonné d'investigations contre Robert Biever», mais qu'il avait informé ce dernier des rumeurs tournant autour de lui «d'une manière à moitié ironique». Poussé par les membres de la commission d'enquête parlementaire, le Premier ministre a ainsi reconnu qu'il «avait été submergé par le passé» en ce qui concerne le contrôle des agissements du SREL.

Utilisation plus large de bases de données publiques

Un aveu contrebalancé par l'annonce de la fin de certaines pratiques en vigueur au sein des services secrets luxembourgeois. Tout en donnant aucun détail sur la durée ou sur les victimes du SREL, Jean-Claude Juncker a reconnu qu'une surveillance illégale avait été pratiquée par les espions luxembourgeois via un logiciel malveillant. Basé sur le principe d'un «cheval de Troie», ce programme permettait de surveiller des ordinateurs ciblés. Une pratique «qui allait trop loin» et que le Premier ministre assure avoir abolie, sans donner d'autre détail sur la durée d'emploi de cette pratique ou sur la nature des informations collectées. Une révélation qui a immédiatement fait réagir le PiratePartei Lëtzebuerg, qui a demandé officiellement de plus amples explications.

Interrogé dans le cadre de la réforme du SREL, le chef de gouvernement a indiqué qu'il était favorable à «la construction d'organes de contrôle renforcés» pour éviter de revivre les erreurs du passé. Un renforcement des contrôles via la mise en place d'«un cadre juridique clair» qui permettrait aux services secrets d'exercer principalement «des missions de défense contre l'espionnage industriel.» Pour ce faire, il préconise l'accès à plus grande échelles à des bases de données publiques existantes et aux bases de données liées aux passagers. Autrement dit, à l'utilisation plus large des données collectées par différentes administrations. Des données qui pourraient être à caractère personnel.

(Jmh/L'essentiel Online)

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