«Juste après, on m'a dit que Liam était mort»
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«Juste après, on m'a dit que Liam était mort»

LUXEMBOURG - Le père des enfants
fauchés dimanche témoigne sur le drame qui a frappé sa famille.

La petite famille sortait de l'église de Hollerich quand elle a été frappée de plein fouet. (dr)

La petite famille sortait de l'église de Hollerich quand elle a été frappée de plein fouet. (dr)

«La nuit, je fais des cauchemars. Je vois cet homme». Cet homme, c'est le conducteur qui a happé dimanche la famille de John Crowley, Irlandais marié à une Française, installé au Luxembourg depuis neuf ans pour y travailler chez JP Morgan.

«Je sortais de l'église avec trois de mes enfants», se souvient-il. «Il y a un curé irlandais qui vient le dimanche». Il est près de midi et John marche avec Liam et Seàn, ses jumeaux de 4 ans, et Alison, 6 ans et demi.

«On est arrivés au feu. J'ai appuyé pour qu'il passe au vert. Puis j'ai regardé, comme toujours. Il y avait une voiture au loin, mais puisque notre feu était vert, le sien devait être rouge». En traversant, il entend «un grand bruit» puis c'est le trou noir jusqu'au réveil, sur le brancard.

«J'ai commencé à poser des questions sur mes enfants. Quelqu'un m'a dit que "c'était chaud" pour l'un d'eux. Juste après, on m'a dit que Liam était mort». Le bambin a succombé sur le chemin de l'hôpital. Son frère est toujours en soins intensifs, blessé à la rate et au visage.

Le père en a encore pour six semaines d'hôpital, avec notamment le bassin, une clavicule et un pied cassés. Alison est sortie lundi.

«On est vraiment brisés. J'espère que cet homme ira en prison, qu'il aura plus qu'un retrait de permis. Ce n'est pas juste un accident, il a détruit ma famille!».

Jérôme Wiss

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