Dernier opus «Yeezus» – Kanye West s'affranchit des codes

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Dernier opus «Yeezus»Kanye West s'affranchit des codes

Avec «Yeezus», son 6e album, la star du rap balance un cocktail inflammable mêlant rap, électro et dancehall.

Court, intense, sombre, rageur, abrasif, éprouvant. Les adjectifs fusent pour décrire le dernier opus de Kanye West. N'y cherchez pas le hit pour concurrencer «Get Lucky», de Daft Punk. À part «Bound 2», peu de soul ou de funk au menu. Seul «Send It Up», titre aux sirènes folles, coproduit par le Français Gesaffelstein, est taillé pour le dancefloor. Très électro, «Yeezus» accueille justement le duo casqué, à la production notamment sur «On Sight».

Daft Punk, Bon Iver, Frank Ocean, Kid Cudi, TNGHT: le rappeur américain a invité de nombreux artistes pour l'aider à façonner ce brûlot musical. Les deux premiers extraits, joués au «Saturday Night Live», avaient donné le ton. Minimaux et grandiloquents à la fois, «Black Skinhead» et «New Slaves» laissaient présager d'un opus sans concession, enfanté par un artiste aussi mégalo que génial.

«Yeezus», fusion de «Yeezy», (son surnom), et de «Jesus» avait été annoncé un mois avant sa sortie, via des méthodes déjouant les codes marketing de l'industrie musicale. Le rappeur avait fait projeter simultanément, sur des façades de bâtiments, dans 66 villes, les vidéos de deux nouveaux titres. «I Am A God», proclame-t-il. Provocant mais inspiré, Kanye West repousse toutes les limites et laisse libre cours à son instinct, quitte à faire fuir une partie de ses auditeurs.

Cédric Botzung

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