PMA en Autriche – L'accès au don de sperme étendu aux lesbiennes

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PMA en AutricheL'accès au don de sperme étendu aux lesbiennes

Les lesbiennes autrichiennes ont gagné: l'Autriche va autoriser les dons de sperme aux couples de femmes, contraintes jusqu'à présent de chercher des solutions à l'étranger pour fonder une famille.

Les couples lesbiens autrichiens vont pouvoir accéder à la PMA.

Les couples lesbiens autrichiens vont pouvoir accéder à la PMA.

AFP

Brigitte Bichler, dont la plainte conjointe avec sa compagne et avec un autre couple a amené cette évolution, avait conçu son fils de 4 ans au Danemark, l'un des neuf pays européens qui permettent actuellement aux couples de femmes de bénéficier de la procréation médicale assistée (PMA). «Là-bas, c'est tout à fait normal et ça se fait sans complications», raconte cette Autrichienne de 41 ans. «Mais selon les règles en vigueur ici, je n'ai pas le droit de me reproduire, simplement parce que je vis avec une femme».

Cela changera avant la fin de 2014: c'est la limite que la Cour constitutionnelle autrichienne vient de donner au gouvernement pour modifier la législation, qui limite encore le don de sperme aux couples hétérosexuels. Les juges autrichiens, suivant la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), ont relevé qu'il n'existait aucune «raison particulièrement convaincante ou grave» qui justifierait une différence de traitement entre couples hétérosexuels et homosexuels.

«Un grand soulagement»

La Cour a également conclu que l'accès des lesbiennes au don de sperme et à l'insémination artificielle ne mettait pas en danger l'institution de la famille. «Les couples de même sexe ne se substituent pas aux mariages et aux unions hétérosexuelles, mais s'y ajoutent. Ils ne peuvent donc pas les menacer», ont écrit les juges. «C'est un grand soulagement pour tous les couples de lesbiennes en désir d'enfant», se félicite Barbara Schlachter, présidente de l'association de familles homoparentales FamOS.

«Jusqu'à présent, on a le choix entre aller à l'étranger ou tenter ici la méthode "artisanale"», c'est-à-dire recourir à un homme de l'entourage qui consentirait à donner son sperme. La formule n'assure aucune protection juridique en cas de changement d'avis de l'une ou l'autre partie, qui garde la faculté de demander une reconnaissance de paternité. «Beaucoup d'hommes souhaitent assumer leur paternité», témoigne ainsi Brigitte Bichler, justifiant sa préférence pour l'anonymat d'une banque de sperme.

(L'essentiel/AFP)

Et les hommes?

La décision de la Cour constitutionnelle ne concerne pas les couples homosexuels masculins, qui impliquerait le recours à une mère porteuse, interdit en Autriche. Les femmes célibataires restent également exclues du don de sperme. Cette décision est la deuxième avancée pour les couples homosexuels en Autriche en moins d'un an. L'été dernier, à la suite d'une condamnation par la CEDH, une loi a été adoptée permettant aux gays et lesbiennes d'adopter les enfants de leur partenaire, au même titre que les couples hétérosexuels. Outre le Danemark et les autres pays scandinaves (Suède, Norvège, Finlande, Islande), la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Espagne permettent déjà aux couples lesbiens de recourir à la PMA. En France, la PMA avait été l'un des sujets de crispation lors du débat sur le mariage et l'adoption pour tous. Le président François Hollande s'est engagé à suivre l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), dont les conclusions sont attendues en mars.

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