Crise du Golfe – L'accord entre le Qatar et les USA «insuffisant»

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Crise du GolfeL'accord entre le Qatar et les USA «insuffisant»

Selon l'Arabie saoudite, le Bahreïn, l’Égypte et les Émirats arabes unis, l'accord de lutte antiterroriste signé par Doha et Washington n'est pas suffisant.

Le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, a obtenu l'accord du Qatar à un programme de lutte contre «le financement du terrorisme», jugé immédiatement «insuffisant» par les pays arabes voisins qui ont mis Doha à l'index pour son soutien présumé aux groupes extrémistes. Rex Tillerson a entamé lundi à Koweït une tournée dans le Golfe pour aider à trouver une issue à la crise inédite entre le Qatar et ses voisins, dont la puissante Arabie saoudite, à propos du soutien présumé de Doha aux groupes extrémistes et de ses liens avec l'Iran.

Le Qatar rejette les accusations de «soutien au terrorisme» et refuse que lui soit dictée sa politique étrangère, alors que l'Iran chiite est le grand rival régional du royaume saoudien sunnite. L'accord sur la lutte antiterroriste, signé par le Qatar et les États-Unis, a été annoncé par le chef de la diplomatie qatarie, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, à l'occasion d'une visite de Rex Tillerson à Doha où il a été reçu par l'émir, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

«Insuffisant»

«Aujourd'hui, le Qatar est le premier pays à signer avec les États-Unis un programme pour la lutte contre le financement du terrorisme», a déclaré cheikh Mohammed. «Nous invitons les pays qui nous imposent un blocus à s'y joindre» a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse commune avec Rex Tillerson qui a regagné le Koweït où il passera la nuit avant de se rendre mercredi en Arabie saoudite.

L'accord précise «les futurs efforts que le Qatar peut faire pour renforcer sa lutte contre le terrorisme et s'attaquer activement aux problèmes du financement du terrorisme», a expliqué dans un communiqué un conseiller du secrétaire d’État, RC Hammond. «C'est un pas en avant». Mais les quatre pays qui ont rompu avec le Qatar le 5 juin et qui lui ont imposé des sanctions économiques, ont jugé cet accord «insuffisant».

Les engagements «ne sont pas fiables»

L'Arabie saoudite, le Bahreïn, l’Égypte et les Émirats arabes unis considèrent que les engagements des autorités qatariennes «ne sont pas fiables», affirmant que de précédents engagements n'ont pas été tenus. Ils appellent donc à «des contrôles stricts pour s'assurer de leur sérieux concernant leur retour sur la bonne voie». Ils ajoutent qu'ils «surveilleront de près le sérieux des autorités qatariennes dans leur combat contre toutes formes de financement et de soutien du terrorisme».

Pour revenir sur leurs sanctions, les quatre pays ont exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la chaîne de télévision Al-Jazeera et d'une base turque, ainsi qu'une révision des liens avec l'Iran. Doha a rejeté en bloc ces demandes, estimant qu'elles violaient sa souveraineté.

Réunion quadripartite à Jeddah

Rex Tillerson a précisé que l'accord reposait sur la décision d'«éradiquer le terrorisme de la Terre», prise par le sommet ayant réuni fin mai à Ryad une cinquantaine de dirigeants musulmans autour du président américain Donald Trump. Cet engagement «va commencer immédiatement sur plusieurs fronts», a ajouté le secrétaire d’État.

Mercredi à Jeddah, dans l'Ouest saoudien, Rex Tillerson doit rencontrer ses homologues d'Arabie saoudite, des Émirats, de Bahreïn et d’Égypte. «Cette réunion reflète la volonté des quatre pays de renforcer la coordination et de montrer leur unité quant aux relations futures avec le Qatar», a déclaré le ministère égyptien des Affaires étrangères en annonçant la rencontre quadripartite.

Concessions

A l'issue des premiers entretiens lundi de Rex Tillerson à Koweït, les États-Unis, le Koweït et la Grande-Bretagne, associée à la médiation, ont diffusé un communiqué pour exhorter les protagonistes «à régler au plus vite la crise à travers le dialogue».

Pour la délégation de Rex Tillerson, l'objectif primordial est de faire tarir les sources de financement des groupes extrémistes pour consolider les gains obtenus contre le groupe djihadiste, État islamique (EI) en Irak et en Syrie et empêcher les attaques «terroristes» en Europe et ailleurs.

(L'essentiel/nxp/afp)

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