Economie au Luxembourg – L'activité du pays devrait chuter puis rebondir
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Économie au LuxembourgL'activité du pays devrait chuter puis rebondir

LUXEMBOURG – Le Statec a publié jeudi ses dernières prévisions de croissance pour l’année en cours et la suivante, marquées par les effets du confinement.

La fermeture des magasins et restaurants a été dramatique pour l'activité économique.

La fermeture des magasins et restaurants a été dramatique pour l'activité économique.

L'essentiel

Sans surprise, la crise sanitaire et le confinement qui s’est ensuivi bouleversent profondément les équilibres économiques du Luxembourg. Dans ses dernières prévisions, publiées jeudi, le Statec anticipe une chute de 6% de l’activité économique cette année. Celle-ci «s’est fortement réduite à partir de mars avec les mesures de confinement. Les secteurs les plus touchés sont ceux directement visés par une interdiction totale ou partielle d’exercer (construction, Horesca, commerce,…)», note l’étude.

Si cette décroissance de l’activité économique se confirme, elle serait plus brutale que celle subie lors de la crise de 2008/2009, le PIB luxembourgeois ayant reculé de 4,4% en 2009. Le recul serait comparable à celui aperçu en 1975 (6,8%), dans la foulée de la crise sidérurgique et du premier choc pétrolier. Les prix à la consommation ont aussi chuté à cause de la crise, notamment en ce qui concerne les produits pétroliers. L’indexation automatique des salaires devrait donc être repoussée à 2022. Les autres indicateurs sont aussi dans le rouge, notamment les dépenses publiques (+12% en 2020) et le déficit budgétaire (6%).

«Comme s'il n'y avait pas de croissance pendant deux ans»

Le Statec table sur un rebond de l’activité en 2021, avec même une croissance de 7%. L’institut reconnaît cependant que ses perspectives ont été établies «relativement tôt», par rapport à des analyses d’autres institutions internationales. Elles sont donc susceptibles d’être revues à la baisse. Elles sont d’ailleurs basées sur «une normalisation de la situation sanitaire et une reprise progressive de l’activité au cours de la deuxième moitié de 2020», ce que personne ne peut garantir à l’heure actuelle.

Le rebond serait donc plus fort que la chute, «ce qui constitue une spécialité du Luxembourg, liée à sa croissance habituellement soutenue», reconnaît Bastien Larue, économiste au Statec, contacté par L'essentiel. Mais pas de quoi se réjouir non plus: «Baisser de 6% puis remonter de 7% revient à revenir au même niveau, comme si le pays n'avait pas eu de croissance pendant deux ans».

(jg/L'essentiel)

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