Débat au Luxembourg – «L'administration a collaboré pas le pays»
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Débat au Luxembourg«L'administration a collaboré pas le pays»

LUXEMBOURG - Le rapport Artuso a levé le voile sur la collaboration de l'administration sous l'occupation allemande. Le sujet a fait beaucoup réagir les lecteurs de «L'essentiel».

La publication du rapport Artuso a été le sujet le plus commenté cette semaine sur «L'essentiel».

La publication du rapport Artuso a été le sujet le plus commenté cette semaine sur «L'essentiel».

Editpress

Selon le rapport Artuso publié mardi, l'administration du Luxembourg a collaboré sous l'occupation nazie. Le gouvernement doit désormais décider si l'État doit présenter des excuses officielles à la communauté juive. Un débat doit d'ailleurs trancher cette question à la Chambre des députés. Chez les internautes de L'essentiel les avis sont mitigés.

Pour Vindulux, «refuser que le Luxembourg fasse des excuses, c’est grave, c'est nier notre comportement passé, c’est nier l’histoire». Il est rejoint par l'internaute Logique qui souligne qu'«il est normal de présenter ses excuses». Pour Alain, «personne aujourd'hui n'est responsable mais pour que le temps fasse son travail alors il faut bien regarder en face son passé et le gouvernement actuel a mandat pour le faire au nom du Luxembourg».

L’inévitable «concurrence des souffrances»

Certains internautes ne comprennent pas la nécessité d'excuses officielles. ArgentFacile est l'un d'eux. «Je n'ai pas à m'excuser, encore moins me rendre coupable au nom d'autres assassins, point final», explique-t-il. Ce à quoi QIfacile lui répond: «Vous n'avez pas à vous excuser, et personne ne vous le demande d'ailleurs! C'est à l’État de le faire, la personnalité de l’État est, elle, intemporelle. L’État ne s'étant jamais officiellement excusé». Peter se demande «pourquoi est-ce que le gouvernement actuel doit présenter des excuses pour des faits qui se sont passés il y a 70 ans et pour lesquels ils ne sont aucunement responsables?». KropeMisch demande pour sa part à ce «qu'on laisse le passé derrière nous».

«Qui fera un mémorial pour honorer les millions de victimes massacrées dans le monde depuis 1945?» demande Candide. Beaucoup d'internautes ont en effet évoqué la traite négrière ou la colonisation en Israël. Une «concurrence des souffrances» qui énerve Claudus. «On parle ici d'un génocide portant sur des Juifs, quel besoin de le mettre en rapport avec d'autres drames? Cela le rend plus acceptable? Ou est-ce simplement un moyen de cracher sa haine de l'autre? Et s'excuser permet de tourner la page, au lieu de débattre sans fin», souligne cet internaute.

Le Luxembourg n'a pas collaboré

Enfin, certains internautes ont voulu rétablir une nuance importante. Le rapport parle en effet de la collaboration dans l'administration. «L'administration, mais pas la population», souligne ainsi Vecse. «N'oublions pas que la langue dans laquelle nous pouvons nous exprimer sur ce site est due en partie à tous les patriotes luxembourgeois», explique Alain. Vindefrance évoque ainsi la grève générale de 1942, réprimée dans le sang.

On terminera avec le témoignage de chispa: «L'oncle de mon mari est mort à l'âge de 21 ans à la sortie du lycée de garçons. Il a reçu une balle dans la tête car il n'a pas voulu faire le salut nazi. Mon beau-père, professeur, a été enrôlé de force dans une université allemande, et pour ne pas avoir voulu faire le salut nazi on voulait déporter toute sa famille... Beaucoup de Luxembourgeois ont été résistants».

(FR/L'essentiel)

Retrouvez l'intégralité du rapport Artuso, en cliquant ici.

Un peu de contexte

Vingt-deux ans après la fin de la Première Guerre mondiale, le 10 mai 1940, le Luxembourg est de nouveau occupé par les Allemands. La Grande-Duchesse Charlotte et le gouvernement luxembourgeois partent en exil et s’installent à Londres et au Canada. Au lendemain de ce départ, la Chambre des députés accorde les pleins pouvoirs à la commission administrative (NDLR: commission sur laquelle porte le rapport Artuso). En juillet 1940, le Luxembourg passe sous administration allemande directe. Le gauleiter, Gustav Simon, est alors nommé chef de l’administration civile.

Contrairement à la commission administrative, le gouvernement en exil n'a pas collaboré. Au contraire.

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