Liberté de la presse – L'affaire LuxLeaks a «terni l'image du Luxembourg»
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Liberté de la presseL'affaire LuxLeaks a «terni l'image du Luxembourg»

LUXEMBOURG - Le Grand-Duché figure, comme en 2016, à la 15e place du rapport annuel de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Mais il est rappelé à l'ordre.

«Malgré la relaxe du journaliste Édouard Perrin, le Luxembourg est apparu clairement plus soucieux de dissuader la presse d’enquêter sur les pratiques d’évasion fiscale en cours dans le pays que de protéger la liberté d’informer dans l’intérêt du public», écrit Reporters sans frontières dans son rapport 2017.

«Malgré la relaxe du journaliste Édouard Perrin, le Luxembourg est apparu clairement plus soucieux de dissuader la presse d’enquêter sur les pratiques d’évasion fiscale en cours dans le pays que de protéger la liberté d’informer dans l’intérêt du public», écrit Reporters sans frontières dans son rapport 2017.

Editpress/Jean-Claude Ernst

L'impact retentissant de l'affaire LuxLeaks et de son procès n'a pas échappé à l'ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a publié ce mercredi son rapport annuel sur la liberté de la presse. Si le Luxembourg apparaît, comme en 2016, au 15e rang sur 180 pays recensés, il est néanmoins épinglé pour les condamnations en appel des deux lanceurs d'alerte Antoine Deltour et Raphaël Halet, qui ont «terni l'image du Grand-Duché» selon RSF.

«Malgré la relaxe du journaliste Édouard Perrin, le Luxembourg est apparu clairement plus soucieux de dissuader la presse d’enquêter sur les pratiques d’évasion fiscale en cours dans le pays que de protéger la liberté d’informer dans l’intérêt du public», écrit l'ONG sans prendre de gants. Si elle n'est pas citée dans le rapport, l'affaire entre l'ancien directeur du Mudam, Enrico Lunghi, et RTL, a également agité le pays ces derniers mois.

Situation «difficile» ou «très grave» dans 72 pays

Par ailleurs, «jamais la liberté de la presse n'a été aussi menacée», s'alarme Reporters sans frontières (RSF), citant les attaques antimédias, les fausses informations, la répression, le triomphe d'«hommes forts» comme Trump ou Erdogan, et certains pays qui sont des «prisons à journalistes». La liberté de la presse connaît même une situation «difficile» ou «très grave» dans 72 pays (sur 180 recensés), dont la Chine, la Russie, l'Inde, presque tous les pays du Moyen-Orient, d'Asie centrale et d'Amérique centrale, ainsi que les deux tiers des pays d'Afrique.

La presse n'est libre que dans une cinquantaine de pays - en Amérique Nord, Europe, Australie et sud de l'Afrique - selon ce rapport. RSF s'inquiète d'un «risque de grand basculement» de la situation de la liberté de la presse, «notamment dans les pays démocratiques importants». «L'obsession de la surveillance et le non respect du secret des sources contribuent à faire glisser vers le bas de nombreux pays considérés hier comme vertueux: les États-Unis (43e, -2 places), le Royaume-Uni (40e, -2), le Chili (33e, -2) ou encore la Nouvelle-Zélande (13e, -8)», selon l'ONG.

Depuis le début de l'année 2017, huit journalistes ont été tués et 193 sont emprisonnés à travers le monde. La Norvège, la Suède et la Finlande occupent le podium du classement, la Belgique est 9e, l'Allemagne 16e et la France 39e.

(NC/L'essentiel/AFP)

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