Bisbille – L'Allemagne et ses exportations pointées du doigt par la France

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BisbilleL'Allemagne et ses exportations pointées du doigt par la France

La France accuse l'Allemagne de faire ses affaires sur le dos de ses partenaires, par le biais de bas salaires qui stimulent ses exportations.

Christine Lagarde n'est «pas sûre» que le modèle allemand soit «viable à long terme et pour l'ensemble du groupe de la zone euro». (AFP)

Christine Lagarde n'est «pas sûre» que le modèle allemand soit «viable à long terme et pour l'ensemble du groupe de la zone euro». (AFP)

C'est par la voix de sa ministre des Finances que la France est montée au créneau. Christine Lagarde n'est «pas sûre» que le modèle allemand - «une forte pression sur les coûts de main d'œuvre» pour améliorer la compétitivité- soit «viable à long terme et pour l'ensemble du groupe de la zone euro», a-t-elle déclaré au Financial Times.

«Il est clair que nous avons besoin d'une meilleure convergence», ajoute Mme Lagarde. Oui à plus de convergence, répond l'Allemagne, mais elle préfère prendre le problème par l'autre bout. Pour Berlin, «il est plus profitable de réfléchir ensemble à une stratégie de croissance, plutôt que d'obliger certains à se retenir artificiellement», a immédiatement réagi le porte-parole de la chancelière Angela Merkel. Et de souligner le rôle du «Mittelstand» allemand, ce tissus de PME très spécialisées et fortement exportatrices, «très innovatrices et qui réagissent très vite».

Excédents commerciaux à faire pâlir d'envie ses voisins

Le reproche adressé par Mme Lagarde à l'Allemagne n'est pas nouveau: la modération salariale de ces dernières années a permis aux produits «made in Germany» d'être plus compétitifs que leurs concurrents sur les marchés mondiaux. Dans le même temps, la retenue des consommateurs freine les importations. Résultat: l'Allemagne, qui vient de céder à la Chine le titre de premier exportateur mondial, affiche année après année des excédents commerciaux à faire pâlir d'envie ses voisins. Dans un pays qui ne dispose pas de salaire minimum généralisé, le gouvernement allemand peut en effet difficilement agir sur ce levier.

Les syndicats allemands ont accepté dans les années 90 des salaires relativement bas pour préserver l'emploi alors que l'industrie était en pleine restructuration. En conséquence, le revenu des ménages est resté modéré. La pression fiscale croissante et le goût des Allemands pour l'épargne ont fait le reste. La tendance ne semble pas prête de se renverser: l'accord salarial négocié le mois dernier par le syndicat IG Metall pour 3,5 millions de salariés de la métallurgie privilégie la sauvegarde de l'emploi, aux dépens des hausses de salaires.

lessentiel.lu avec AFP

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