Réunion à Luxembourg – L'Europe peut-elle se passer du gaz russe?

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Réunion à Luxembourg L'Europe peut-elle se passer du gaz russe?

LUXEMBOURG – L'Allemagne a estimé ne pas pouvoir se passer du gaz russe «à court terme». Une analyse menée à l'échelle de l'Union européenne se révèle plus optimiste sur les conséquences d'un embargo.

L'Allemagne est particulièrement dépendante du gaz russe.

L'Allemagne est particulièrement dépendante du gaz russe.

L'Allemagne ne peut pas se passer des livraisons de gaz russe «à court terme» et des sanctions contre Moscou dans ce secteur feraient plus mal à l'UE qu'à la Russie, a estimé lundi le ministre allemand des Finances, Christian Lindner.

«Nous devons envisager de dures sanctions, mais à court terme les livraisons de gaz russes ne sont pas substituables» et les interrompre «nous nuirait plus qu'à la Russie», a déclaré M. Lindner à Luxembourg, avant une réunion avec ses homologues de l'UE. L'Allemagne est dépendante à plus de 55% du gaz venu de Russie.

Interrogé par «L'essentiel», le ministre le Défense François Bausch avait jugé possible «à moyen terme» que le Luxembourg n'ait plus recours au gaz venu de Russie, via le développement des énergies renouvelables. Le Grand-Duché importe 25% de son gaz de Russie, via la Belgique.

Se priver de gaz russe, une option supportable pour les économies européennes

Mettre fin aux importations d'énergie (gaz, pétrole, charbon) en provenance de Russie serait économiquement supportable pour la France et l'Union européenne, estime une étude publiée mardi, qui montre aussi l'efficacité qu'aurait la mise en place de droits de douanes élevés sur les importations d'énergie.

Un embargo sur les importations d'énergie aurait «un impact relativement faible» sur les économies européennes, avec une perte de PIB entre 0,2 et 0,3% en moyenne, «soit 100 euros par Européen adulte», ont évalué les quatre économistes auteurs de cette étude publiée sous l'égide du Conseil d'analyse économique, organisme chargé de conseiller le gouvernement français.

Certains États seraient toutefois beaucoup plus pénalisés, comme la Lituanie, la Bulgarie, la Slovaquie, la Finlande ou la République Tchèque, et auraient besoin d'une «solidarité européenne».

Impact «modéré» pour l'Allemagne

Pour l'Allemagne, qui freine des quatre fers contre la mise en place d'un embargo, la perte de PIB est évaluée entre 0,3 et 3%, un niveau que les auteurs de l'étude juge «globalement modéré et (qui) peut être absorbé».

Toutefois, la mise en place de droits de douanes sur les importations énergétiques russes, par exemple de 40%, serait «plus efficace qu'un embargo strict», estime l'étude.

Elle entrainerait une «réduction très forte des importations», d'environ 80%, tout en réduisant «fortement», en les divisant par 3 ou 4, les pertes économiques des pays les plus dépendants de la Russie.

L'Etat allemand prend temporairement le contrôle de la filiale de Gazprom

L'État allemand va prendre le contrôle temporaire de la filiale allemande du géant russe Gazprom, en raison de son «importance pour l'approvisionnement en énergie de l'Allemagne», a annoncé le ministre de l'Economie Robert Habeck. L'agence fédérale des réseaux va devenir jusqu'au 30 septembre l'administrateur de «Gazprom Germania» dont Gazprom était l'unique propriétaire. Mais le groupe avait annoncé vendredi son «retrait» de cette filiale, sans immédiatement indiquer de repreneur, créant un flou sur l'avenir de l'entité en plein conflit autour du gaz russe.

(AFP)

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