PIB – L'Allemagne renoue avec la croissance mais doute

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PIBL'Allemagne renoue avec la croissance mais doute

L'Allemagne affiche une progression de 0,4% de son PIB au premier trimestre 2019. Cela ne dissipe toutefois pas ses doutes sur la pérennité de son modèle industriel.

La croissance de l'Allemagne est tirée de la demande intérieure.

La croissance de l'Allemagne est tirée de la demande intérieure.

AFP

L'Allemagne a renoué avec la croissance économique au premier trimestre, avec une progression de 0,4% de son PIB qui éloigne les craintes de récession sans dissiper les doutes sur la pérennité de son modèle industriel. Conforme aux attentes, ce chiffre permet à la première économie européenne de retrouver son rythme de croissance du début d'année dernière, avant le recul de 0,2% puis la stagnation du produit intérieur brut aux troisième et quatrième trimestres. Il contraste avec l'ambiance morose des derniers mois, marquée par une cascade d'indicateurs décevants et de révisions à la baisse des prévisions de croissance pour l'Allemagne, élève modèle brutalement rétrogradé en boulet de la zone euro.

«Ce n'est pas le Retour des morts-vivants», ironise Carsten Brzeski, économiste chez ING, pour qui la «panique» récente autour de l'économie allemande était largement «exagérée». Ce «bon démarrage» pour l'année fait au contraire «naître l'espoir que 2019 soit moins mauvaise que redouté», renchérit Jens-Oliver Niklasch, de la banque régionale LBBW. Le gouvernement allemand mise pour l'heure sur 0,5% de croissance cette année et le Fonds monétaire international sur 0,8%, soit un net coup de frein par rapport aux 2,2% de 2017 et 1,4% l'an dernier.

Menace de taxes américaines

Si l'Office fédéral des statistiques ne détaillera que le 23 mai les composantes du PIB, il évoque une croissance tirée par la demande intérieure, soit exactement la dynamique constatée depuis plus d'un an. Aidés par les hausses de salaire et un chômage historiquement faible, les ménages allemands ont accru leur consommation tout en stimulant le bâtiment, pendant que les entreprises investissaient dans les équipements, signale Destatis. À l'inverse, la dépense publique a un peu régressé et la demande extérieure a envoyé «des signaux mitigés», sur fond de ralentissement mondial et de tensions protectionnistes.

Certains facteurs qui avaient pesé sur l'économie fin 2018 ont disparu, à commencer par la sécheresse sur les grands fleuves, qui a perturbé les livraisons fluviales, et la désorganisation du secteur automobile face aux nouvelles normes européennes antipollution. Mais le rebond actuel pourrait être alimenté par des raisons tout aussi temporaires, avertit Florian Hense, de la banque Berenberg, dont un hiver doux, favorable à la construction, et les congés tardifs de Pâques. Surtout, les perspectives immédiates demeurent «suspendues aux pourparlers commerciaux entre Chine, États-Unis et Union européenne». L'hypothèse de taxes américaines sur les importations de voitures est particulièrement inquiétante pour l'Allemagne.

(L'essentiel/afp)

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