Investissements – L'Allemagne se protège des appétits de la Chine

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InvestissementsL'Allemagne se protège des appétits de la Chine

L'Allemagne a adopté mercredi un décret renforçant les règles sur les investissements étrangers au moment où l'inquiétude grandit en Europe, face à l'appétit de la Chine.

Face aux investisseurs étrangers, l'Allemagne passe à la défensive.

Face aux investisseurs étrangers, l'Allemagne passe à la défensive.

DPA/ole Spata

L'initiative ne cite pas de pays visés en particulier mais la Chine en fait clairement partie. La chancelière, Angela Merkel, a elle-même mis en garde tout juste avant le G20 contre l'expansionnisme économique chinois, soulignant que, vue de Pékin, l'Europe était perçue comme «une péninsule asiatique». En Allemagne, tout investissement portant sur plus de 25% du capital d'une entreprise par un investisseur situé hors de l'Union européenne (UE) ou de l'Association européenne de libre échange (AELE) est soumis à l'examen du ministère de l’Économie.

Et le champ des transactions soumises à son aval est étendu aux domaines des prestataires de services ou des fabricants de logiciels utilisés dans des secteurs stratégiques, tels que les réseaux d'électricité, les centrales nucléaires, l'approvisionnement en eau, les réseaux de télécommunications, les hôpitaux ou encore les aéroports.

«Nous ne sommes pas naïfs»

Alors que les entreprises allemandes font face à des investisseurs issus de pays où «l'économie n'est pas aussi ouverte que la nôtre», les mesures prises mercredi doivent permettre «une meilleure protection et plus de réciprocité», pointe Brigitte Zypries, la ministre de l’Économie. «Nous sommes certes une économie ouverte mais nous ne sommes pas naïfs», a déclaré moins diplomatiquement son secrétaire d’État, Matthias Machnig, dans les colonnes du quotidien Süddeutsche Zeitung, mercredi.

L'Allemagne n'est pas la cible privilégiée des seuls investisseurs chinois. Le constructeur de véhicules électriques américain Tesla s'est emparé l'an passé du spécialiste de la robotisation Grohmann, auparavant fournisseur des fleurons de l'industrie automobile du pays comme Daimler ou BMW. Angela Merkel a soutenu très tôt la proposition du président français, Emmanuel Macron, visant à laisser plus de pouvoir à Bruxelles pour contrôler les acquisitions étrangères dans l'Union européenne, afin de protéger les secteurs stratégiques.

(L’essentiel / afp)

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