Un an après la chute de Ghosn – L'alliance Renault-Nissan tente de se reconstruire

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Un an après la chute de GhosnL'alliance Renault-Nissan tente de se reconstruire

Un an après la chute de son patron Carlos Ghosn, l'alliance automobile Renault-Nissan tente d'aller de l'avant, d'autant que le temps presse dans un marché en pleine évolution.

Après l'éclatement de l'affaire Ghosn en novembre 2018, aucun dialogue constructif, aucune prise de décision n'a été possible entre Renault et Nissan.

Après l'éclatement de l'affaire Ghosn en novembre 2018, aucun dialogue constructif, aucune prise de décision n'a été possible entre Renault et Nissan.

Reuters/Christian Hartmann

Un an après la chute de son patron emblématique Carlos Ghosn, l'alliance automobile Renault-Nissan tente d'aller de l'avant, une tâche herculéenne pour son nouveau président Jean-Dominique Senard, d'autant que le temps presse dans un marché en plein bouleversement. C'était la grande fierté de Carlos Ghosn: avoir porté le partenariat franco-japonais au premier rang mondial. L'an dernier, avec 10,76 millions de véhicules vendus, Renault, Nissan et leur allié Mitsubishi devançaient Toyota et Volkswagen.

Mais, comme un symbole, le trio a vu ses volumes chuter cette année, au point de repasser en troisième position... La chute de Ghosn, en attente de son procès pour malversations au Japon, a révélé un empire industriel miné par les conflits. Président des trois entreprises, le dirigeant au style autoritaire était la clé de voûte d'une construction baroque dont il centralisait les pouvoirs. «L'unité de commandement masquait la diversité incroyable des forces à l'oeuvre. Quand elle a explosé, elle les a libérées», confie un haut dirigeant de l'alliance.

«Il y a eu des excès des deux côtés, des assiettes ont volé»

D'un côté, derrière le directeur de Nissan Hiroto Saikawa, des Japonais, persuadés d'être les plus performants de l'ensemble, nourrissaient un sentiment de revanche après s'être sentis opprimés pendant des années. De l'autre, derrière le directeur de Renault Thierry Bolloré, des Français se sentaient trahis par l'enquête secrète de Nissan qui a livré leur chef à la justice. Contrairement à Volkswagen ou Toyota, l'alliance n'est pas un groupe intégré, mais un partenariat reposant sur des participations croisées. Renault détient 43% de Nissan, qui lui-même détient 15% de Renault et 34% de Mitsubishi.

Après l'éclatement de l'affaire Ghosn en novembre 2018, aucun dialogue constructif, aucune prise de décision n'a été possible. Au total, une année perdue. En octobre, les départs coup sur coup de Saikawa et Bolloré ont permis de tourner une page. «Il y a eu des excès des deux côtés, des assiettes ont volé. Mais il y a eu un travail de nettoyage aussi bien chez Nissan que chez Renault. Désormais, les gens en place sont tous convaincus qu'il faut renforcer l'alliance», estime une source proche de Nissan. Les problèmes sont profonds. La rentabilité et la génération de cash sont insuffisantes, alors qu'il faut financer les innovations, dans un marché automobile en récession, et qui vit plusieurs ruptures technologiques simultanées avec l'avènement de voitures électriques, connectées et de plus en plus autonomes.

Renault et Nissan ont récemment revu en baisse leur objectif de marge opérationnelle pour cette année, respectivement à 5% et 1,4% du chiffre d'affaires. En face, Volkswagen affiche entre 6,5% et 7,5%, malgré un scandale des moteurs truqués qui lui a coûté des dizaines de milliards d'euros... Et Toyota caracole à plus de 8%.

(L'essentiel/afp)

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