Au Luxembourg : L'alphabétisation en français mise à l'essai

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Au Luxembourg L'alphabétisation en français mise à l'essai

LUXEMBOURG - Parmi les innovations de cette rentrée scolaire, figure l'alphabétisation en français dans le cadre d'un projet pilote dans 4 écoles.

L'alphabétisation en français, un déclic pour certains enfants?

L'alphabétisation en français, un déclic pour certains enfants?

afp

L'année scolaire qui s'ouvre au Luxembourg comporte quelques nouveautés, présentées mardi matin par le ministre DP de l'Éducation nationale Claude Meisch. Nouveau matériel pédagogique en allemand et en maths, nouvelles sections dans le secondaire, en entrepreneuriat, finance et marketing et en psychologie, philo et sciences humaines… Quelques innovations arrivent. Parmi elles, un projet pilote d'alphabétisation en français.

«Le français peut présenter une chance pour un certain nombre d'élèves au Luxembourg, par exemple si leur langue maternelle est plus proche du français que de l'allemand, ou parce que leurs parents sont en mesure de les aider en français et pas en allemand ou dans une autre langue…», pointe Claude Meisch. Le projet pilote est donc lancé pour cette rentrée dans quatre écoles à Larochette, Differdange-Oberkorn, Dudelange et Schifflange.

Selon la dernière étude du Statec sur le sujet, en 2019, le français était la deuxième langue la plus parlée à la maison, au Luxembourg (32% de la population), derrière le luxembourgeois (53%). La langue de nos voisins belges et français était aussi, de loin, la plus parlée au travail (78%). Dans les quatre écoles concernées, «les parents ont pu choisir une alphabétisation en français ou en allemand» pour leur enfant, explique Claude Meisch. Avec comme objectif de «rapprocher les deux classes lors de la dernière année du fondamental pour être orienté vers le lycée de manière commune et avoir les mêmes compétences dans les deux langues».

«Pourquoi torturer les enfants avec de l'allemand?»

Le ministre «espère que ça pourra être une des réponses au grand défi de nos écoles publiques. L'arrière-fond migratoire et l'arrière-fond socio-économique des familles pèsent très lourd sur l'échec scolaire». L'idée de mettre l'école au français n'est pas nouvelle et circule depuis une vingtaine d'années. Le ministère a fini par franchir le pas dans l'élan des écoles internationales. Et à la demande de certains bourgmestres. «Ils disaient ''regardez notre population locale, elle est plutôt francophone, alors pourquoi torturer les enfants avec une alphabétisation en allemand, qui est très très loin de leur réalité quotidienne?'' J'étais tout à fait d'accord».

Des maires de différents partis ont fait de telles demandes, créant un consensus politique. L'enseignement se fera selon les mêmes méthodes que dans les écoles internationales, qui ont donné des résultats positifs. S'il est concluant, le projet pilote pourra être généralisé «d'ici quelques années» et chaque parent aura alors le choix entre le français et l'allemand pour alphabétiser son enfant.

Que pensez-vous de cette idée de permettre aux parents de choisir entre le français et l'allemand pour alphabétiser leurs enfants?

(jw)

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