L'ambassadeur était trop proche du milliardaire

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L'ambassadeur était trop proche du milliardaire

Le représentant belge à Moscou a été rappelé à Bruxelles pour avoir délivré des visas à des Thaïlandaises proches de Suleyman Kerimov, un magnat du pétrole.

Bertrand de Crombrugghe est "intervenu personnellement auprès des services consulaires de l'ambassade à Moscou pour que cinq femmes Thaïlandaises obtiennent un visa belge Schengen", a déclaré devant la Chambre des représentants le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, interrogé par plusieurs députés.

"Il a agi sans consulter l'Office des étrangers, comme il aurait dû le faire puisque ces Thaïlandaises n'avaient pas de résidence en Russie", a-t-il ajouté, en soulignant que l'ambassadeur, qui a plus de 20 ans de métier, "n'a pas respecté les instructions".

«Il ne s'agit pas de corruption»

Selon un responsable du ministère, M. de Crombrugghe avait "voulu rendre un service amical" à Suleyman Kerimov, un homme d'affaires de 43 ans proche du Kremlin et considéré par le magazine Forbes comme la 36e fortune du monde.

"Il ne s'agit pas de corruption", a insisté ce responsable, qui avait parlé de "deux Thaïlandaises", interrogé à la suite d'articles parus jeudi dans la presse belge.
Ces cinq femmes, présentées comme des "danseuses" par la presse belge, devaient accompagner M. Kerimov en France, ce qui est possible avec un visa Schengen belge.

Violation des règles reconnue

Selon Karel De Gucht, l'ambassadeur belge s'est rendu sur la Côte d'Azur (sud-est de la France) à bord d'un avion privé appartenant au milliardaire, il s'est rendu à "une fête dans sa villa et a "passé un week-end au frais de M. Kerimov à l'Eden Roc du Cap d'Antibes", un hôtel où une simple chambre se loue à plus de 600 euros la nuit en juillet. M. De Gucht a assuré avoir été alerté en novembre 2008 puis "le 6 janvier" par des rapports de la Sûreté de l'État, les services de renseignement belge.

Dans une lettre, l'ambassadeur "a reconnu qu'il avait violé les règles et que cela l'empêchait de poursuivre sa mission à Moscou. Il a demandé à être rappelé à l'administration centrale à Bruxelles", "ce qui a été fait", a expliqué aux députés Karel De Gucht.

lessentiel.lu avec AFP

Suleyman Kerimov avait défrayé la chronique en 2006 en écrasant sa Ferrari sur la Promenade des Anglais, à Nice (sud-est de la France). Brûlé sur 70% du corps, il avait été emmené par avion militaire belge à l'hôpital militaire de Neder-Over-Hembeek, près de Bruxelles, spécialisé dans les grands brûlés. Selon le ministère belge de la Défense, le milliardaire avait pris tous les frais à sa charge, mais ce traitement privilégié avait suscité des questions en Belgique.

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