Naissance au Luxembourg – «L'ambulance improvisée en salle d'accouchement»

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Naissance au Luxembourg«L'ambulance improvisée en salle d'accouchement»

SANEM - Malgré les couloirs de secours, les secouristes ont du mal à circuler rapidement sur les routes du Luxembourg. Un petit bébé aurait pu en faire les frais fin novembre.

Le 21 novembre dernier, un petit garçon, Ismail, est né à 8h44 au beau milieu des champs de Limpach. En pleine heure de pointe, à 7h15, son papa, Didier, a quitté son domicile d’Oberkorn pour tenter d’amener son épouse Narima à la maternité du CHL à Luxembourg-Ville. Bloqués dans les embouteillages, les parents n’arriveront jamais à l’hôpital. «Nous avons tout simplement transformé notre ambulance en salle d’accouchement», résume en souriant, Malvina, une secouriste professionnelle du Centre d’intervention de Sanem.

Tout est bien qui finit bien, mais les deux pompiers-ambulanciers auraient pu rencontrer de nombreuses difficultés. «Une sage-femme, l’infirmière anesthésiste et un médecin nous ont rejoints pour réaliser un accouchement « à l’ancienne », par voie naturelle et sans péridurale. La naissance était imminente, on n'aurait pas pu de se déplacer», rappelle Claude, lui aussi secouriste professionnel à Sanem. «La première chose à faire, c’est d’appeler le 112 et nous signaler l’endroit avec précision», rappelle-t-il. «Lors de ce type d’intervention, chaque minute compte. Ici nous avons été appelés à 7h44 et nous avons mis quatre minutes pour arriver sur les lieux distants de 5,5 km».

«La mascotte du centre d’intervention»

«Depuis quelques années, les embouteillages augmentent au Luxembourg», poursuit Malvina. «Pour nos véhicules de secours, c’est de plus en plus difficile de circuler». Et les deux secouristes de rappeler l’importance du couloir de secours. «Bien avant notre arrivée, les automobilistes doivent s’écarter tout de suite du centre de la route.» Une manœuvre peu maîtrisée actuellement par les conducteurs. «Au volant d’une ambulance, nous devons anticiper les mouvements de toutes les voitures et le risque d’accident est sept fois plus important», signale Claude.

Ce lundi 12 décembre, 21 jours après sa naissance, Ismail, accompagné de son papa, est revenu voir les deux pompiers-secouristes qui lui ont permis de voir le jour. «En tant que secouriste, c’est rare d’assister à un accouchement dans une ambulance. Généralement, ce sont des événements moins joyeux», rappelle Malvina. «Aujourd’hui, en prenant la pose pour quelques photos à côté des ambulances, Ismail est un peu devenu la mascotte de notre centre d’intervention».

(Frédéric Lambert/L'essentiel)

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