L'Amérique se penche sur le sort de ses soldats homos

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L'Amérique se penche sur le sort de ses soldats homos

Les militaires homosexuels doivent cacher leur orientation sexuelle, selon la loi américaine. Mais le Congrès pourrait décider de demander l'abrogation du texte en question.

Dans l'armée américaine, c'est la loi du silence: "Don't ask, don't tell" ("Ne rien demander, ne rien dire") qui prévaut. (afp)

Dans l'armée américaine, c'est la loi du silence: "Don't ask, don't tell" ("Ne rien demander, ne rien dire") qui prévaut. (afp)

C'est le moment où jamais. Une majorité démocrate au Congrès, un nouveau président démocrate... La représentante de Californie, Ellen Tauscher, voudrait faire évoluer la loi américaine concernant les militaires homosexuels.

Ainsi, elle introduira lundi à la Chambre un projet de loi qui vise à remplacer l'actuelle loi "Don't ask, don't tell" ("Ne rien demander, ne rien dire") par une "politique de non-discrimination sur l'orientation sexuelle", lit-on dans le projet de loi.

Embaucher "sans considération pour leur orientation sexuelle"

Depuis l'adoption de la loi en 1993, environ 13 000 soldats ont été renvoyés parce qu'ils avaient évoqué leur homosexualité ou qu'ils avaient été dénoncés, selon des chiffres cités par le groupe de réflexion proche des démocrates Center for American Progress.

Avec la majorité démocrate renforcée par les élections de novembre, Mme Tauscher s'est dit qu'il fallait saisir l'occasion. "Il est temps de permettre à l'armée de recruter et conserver tous les personnels qualifiés qui souhaitent servir leur pays, sans considération pour leur orientation sexuelle", écrit-elle dans une lettre à ses collègues qu'elle appelle à soutenir le projet de loi.

Une loi de compromis

Peu après son investiture en 1993, le président Clinton avait ordonné au Pentagone de mettre fin à la discrimination basée sur l'orientation sexuelle lors du recrutement militaire. L'initiative avait été très mal accueillie par l'état-major, l'opposition républicaine et une vaste partie de l'opinion publique américaine.

Une loi de compromis, ("Don't ask, don't tell"), avait été finalement adoptée, permettant aux gays et lesbiennes d'intégrer les forces armées. À condition de taire leur orientation sexuelle bien sûr…

lessentiel.lu avec AFP

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