Jean-Marie Messier – L'ancienne star du CAC 40 fait profil bas

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Jean-Marie MessierL'ancienne star du CAC 40 fait profil bas

L'ex-PDG de Vivendi Universal (VU) a choisi la réserve au premier jour de son procès devant le tribunal correctionnel pour des malversations présumées dans la gestion de la société.

Messier a décidé de jouer la carte de la discrétion et de l'autocritique. (AFP)

Messier a décidé de jouer la carte de la discrétion et de l'autocritique. (AFP)

«J2M», 53 ans, autrefois raillé pour son goût immodéré des médias, a soigneusement évité la presse à son arrivée, comme à son départ du tribunal correctionnel de Paris au terme de l'audience, en milieu de journée. L'ancienne star du CAC 40 doit répondre, aux côtés de six autres prévenus, de trois chefs de poursuite : diffusion d'informations fausses ou trompeuses, manipulations de cours, abus de biens sociaux. Il encourt en théorie jusqu'à cinq années de prison et de fortes amendes, mais la procureure Chantal de Leyris a déjà annoncé qu'elle soutiendrait les réquisitions générales de non-lieu qu'avait prises le parquet à l'issue de l'instruction.

Jean-Marie Messier a d'ailleurs spontanément fait allusion à ses «excès» en matière de communication lorsqu'il était au faîte de sa gloire à la tête de VU, au début des années 2000. Des excès qui ont confiné à la «provocation», a-t-il reconnu devant la tribunal. Ce n'est d'ailleurs pas le seul sujet sur lequel l'ancien patron a fait son mea-culpa à l'ouverture du procès devant la 11e chambre du tribunal correctionnel.

«Folie des grandeurs»

L'ancien patron a également reconnu avoir commis des erreurs stratégiques dans la conduite du groupe mais cherché des circonstances atténuantes dans un contexte interne et externe difficile. «J'ai toujours, au moment où j'ai pris les décisions, avec les éléments que j'avais, essayé de les prendre en fonction de l'intérêt de la société», a-t-il plaidé.

Jean-Marie Messier est notamment sur la sellette pour avoir mené au début des années 2000 une stratégie de cessions et d'acquisitions qualifiée par ses détracteurs de «folie des grandeurs» ayant mené le groupe au bord du gouffre. Il a expliqué au tribunal qu'à ses yeux la constitution d'un groupe mondial basé sur l'idée d'une future convergence entre les instruments de communication et les contenus était pertinente mais trop précoce pour les moyens technologiques de l'époque.

lessentiel.lu avec AFP

En juillet 2002, les marchés avaient découvert que VU ployait sous une dette de 35 milliards d'euros et son PDG avait été contraint à la démission. Le cours de l'action s'était effondrée. Floués, des centaines de petits actionnaires s'étaient regroupés pour déposer plainte, en France comme aux États-Unis. Mercredi, avant le début de l'audience, l'un de leurs représentants a expliqué n'être «pas là pour mettre la tête de M. Messier sur une pique» mais «pour obtenir une juste réparation de notre préjudice».

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