Bande dessinée: «L'Arabe du futur» arrive au bout de son parcours

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Bande dessinée«L'Arabe du futur» arrive au bout de son parcours

Le dernier tome de «L’Arabe du futur» se révèle très émouvant. Riad Sattouf revient sur la saga au succès énorme.

par
Joseph Gaulier
Riad Sattouf a  l'art de raconter les histoires du quotidien avec brio.

Riad Sattouf a l'art de raconter les histoires du quotidien avec brio.

Allary Éditions

«J’espérais que la série touche les gens», explique Riad Sattouf au moment de la sortie du sixième et dernier tome de «L’Arabe du futur». Avec quelque trois millions d’exemplaires vendus, c’est réussi! Les albums volumineux ont trouvé leur public. «Je voulais faire cette BD pour ceux qui ne lisent pas de BD. Une BD qui aurait été lisible par ma grand-mère bretonne qui n’aimait pas ce genre», détaille l’auteur.

L’histoire connaît enfin son épilogue, après moult péripéties. À partir de 1994, Riad est un jeune adulte qui connaît des galères professionnelles et des déboires amoureux. Sa famille reste au cœur du récit, avec le drame du jeune frère Fadi enlevé par son père retourné en Syrie. Le paternel absent est d’ailleurs omniprésent, Riad imaginant sans cesse la manière dont il aurait réagi à chaque événement de sa vie. L’auteur compare ces apparitions à celle de «Milou, parfois accompagné d’un ange et d’un démon qui lui disent ce qu’il faut faire. La BD est très puissante pour représenter cela».

Ici le jeune Riad Sattouf avec sa mère et Jacques Chirac.

Ici le jeune Riad Sattouf avec sa mère et Jacques Chirac.

Allary Éditions

«Écriture automatique»

D’après Riad Sattouf, tout écrit est «forcément politique». Son «Arabe du futur», dont l’action se déroule entre la France, la Libye et la Syrie, est particulièrement marqué. Surtout dans l’ombre d’un père «extrêmement nationaliste, un Arabe d’extrême droite». Le récit, souvent dramatique, n’a pas empêché une dose d’humour. «Quand je raconte une histoire, je fais en sorte que cela ressemble le plus possible à la vie. Je suis toujours à la recherche de ce qui peut être drôle», raconte l’auteur à succès. Les dessins très simples, parfois accompagnés de petits textes et de flèches, contribuent à ce ton décalé.

Alors que les cinq premiers volumes ont été écrits «de manière très structurée», le dernier a été composé «quasiment en écriture automatique», assure Riad Sattouf. «J’ai fait les pages directement à l’encre, de manière improvisée. Mais je savais vers quelle fin je voulais aller». C’est celle-ci qui a «déclenché l’envie de raconter toute cette histoire», reprend l’auteur, qui assure qu’il n’y aura jamais de suite. Le lecteur sera assurément partagé entre la joie de connaître la fin de l’aventure et la déception de ne plus attendre de nouveaux albums. Reste la satisfaction de savoir que la série a gardé le même niveau de qualité jusqu’au bout.

• «L’Arabe du futur 6». Riad Sattouf. Allary Éditions, 24,90 euros.

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