Après les émeutes – L'armée a pris le pouvoir au Burkina Faso

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Après les émeutesL'armée a pris le pouvoir au Burkina Faso

L'armée burkinabè a annoncé jeudi la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée, l'instauration d'un couvre-feu et la mise en place d'un organe de transition.

Jeudi, les forces de sécurité chargées de protéger le secteur près du palais présidentiel burkinabé ont tiré des coups de feu et des gaz lacrymogènes à l'approche de manifestants.

Jeudi, les forces de sécurité chargées de protéger le secteur près du palais présidentiel burkinabé ont tiré des coups de feu et des gaz lacrymogènes à l'approche de manifestants.

AFP

Lors d'une conférence de presse à l'issue d'une journée d'émeute contre le président Blaise Compaoré, l'armée du Burkina Faso a annoncé avoir pris le pouvoir après la dissolution du gouvernement.

Les pouvoirs exécutifs et législatifs seront assumés par un organe de transition, avec l'objectif d'un retour à l'ordre constitutionnel «dans un délai de douze mois», selon un communiqué du chef d'état-major des armées Nabéré Honoré Traoré, lu par un officier lors d'une conférence de presse. Un couvre-feu est imposé «sur l'ensemble du territoire de 19h à 6h» pour «préserver la sécurité des personnes et des biens».

Le pays en état de siège

Le président burkinabè Blaise Compaoré a décrété jeudi l'état de siège, après une journée d'émeutes marquée par l'incendie de l'Assemblée nationale et la prise d'assaut de la télévision publique par des manifestants, d'après un communiqué de la présidence envoyé par mail à l'AFP.

«L'état de siège est décrété sur l'ensemble du territoire national. Le chef d'état-major des armées est chargé de l'application du présent décret, qui entre en vigueur à compter de ce jour», peut-on lire dans ce texte, sans entête officielle, dépourvu de date, et qui porte la signature de Blaise Compaoré, mais différente de son paraphe habituel. Ce problème d'authentification se pose également pour un communiqué et une déclaration reçus du même service communication de la présidence, relatifs à une dissolution du gouvernement et à un appel à des pourparlers avec l'opposition, mais qui ne consistent qu'en quelques lignes non signées sur une feuille blanche.

Une crise sans précédent

Le Burkina Faso a connu une journée d'émeutes qui a débuté par le saccage et l'incendie de l'Assemblée nationale, où devait se tenir le vote d'une révision constitutionnelle visant à prolonger le pouvoir du chef de l'Etat, aux affaires depuis 27 ans. Des milliers de manifestants ont ensuite pris d'assaut la télévision publique, qu'il ont pillé, puis ils ont détruit le siège du parti présidentiel à Ouagadougou, ainsi que d'autres symboles du régime.

Au moins une personne a été tuée. Les violences se sont étendues à Bobo Dioulasso, la capitale économique du pays, et Ouahigouya. Pour le régime en place depuis le putsch de 1987, c'est la crise la plus grave depuis la vague de mutineries de 2011, qui avait fait trembler le pouvoir. Le Burkina a basculé dans la crise avec l'annonce, le 21 octobre, d'un projet de révision constitutionnelle portant de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. Arrivé aux affaires il y a 27 ans, le président Compaoré devait achever l'an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015).

(L'essentiel/AFP)

La Belgique déconseille de se rendre au Burkina Faso

«Momentanément, tout voyage au Burkina Faso est formellement déconseillé», a indiqué le ministère belge des Affaires étrangères sur son site internet. «Il convient également d'éviter les manifestations et rassemblements, de suivre la couverture médiatique et de s'informer sur les développements actuels», a ajouté le ministère, demandant aux Belges sur place de se signaler à l'ambassade de Belgique à Ouagadougou.

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