Au Burkina Faso – L'armée ouvre la porte à une transition civile
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Au Burkina FasoL'armée ouvre la porte à une transition civile

Le nouvel homme fort du Burkina Faso, Isaac Zida, a promis une phase respectant la Constitution, lors d'une rencontre lundi avec le corps diplomatique à Ouagadougou.

Le lieutenant-colonel Isaac Zida souhaite qu'une personnalité consensuelle dirige l'organe de transition qui sera prochainement constitué.

Le lieutenant-colonel Isaac Zida souhaite qu'une personnalité consensuelle dirige l'organe de transition qui sera prochainement constitué.

AFP

La transition se fera «dans un cadre constitutionnel» et sera conduite par «une personnalité consensuelle», a annoncé lundi le lieutenant-colonel Isaac Zida, nouvel homme fort du Burkina Faso. «Le pouvoir exécutif sera conduit par un organe de transition dans un cadre constitutionnel(…). Cet organe de transition sera dirigé par une personnalité consensuelle désignée par tous les acteurs de la vie nationale», a déclaré M. Zida devant les diplomates. Il n'a pas donné d'explications plus précises ni de calendrier, mais a dit souhaiter un délai «le plus bref possible».

La Constitution burkinabé, que les militaires ont suspendue vendredi soir, prévoit que le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim en cas de vacance du pouvoir dans ce pays pauvre du Sahel comptant 17 millions d'habitants. Or l'Assemblée a été dissoute dans les premières heures du pouvoir militaire, et son président reste introuvable.

Une intervention musclée de l'armée

Cette nouvelle déclaration du lieutenant-colonel, qui laisse à penser qu'un civil - et non plus un militaire - pourrait prendre la tête de la transition, intervient alors que les États-Unis ont appelé ce week-end l'armée burkinabé «à transmettre immédiatement le pouvoir aux autorités civiles». Washington, allié privilégié du Burkina dans la lutte contre les jihadistes au Sahel, a également condamné «la tentative de l'armée burkinabé d'imposer sa volonté au peuple».

Le nouveau chef de la transition devait encore poursuivre lundi ses consultations avec les forces politiques et la communauté internationale à Ouagadougou, où la situation était calme après l'intervention musclée de l'armée, qui a chassé les manifestants des locaux de la télévision publique et de la place de la Nation, rebaptisée «place de la révolution» et épicentre de la contestation.

(L'essentiel/ats)

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