Au Venezuela – L'Assemblée constituante mise en place
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Au VenezuelaL'Assemblée constituante mise en place

L'Assemblée controversée a été proclamée jeudi par le président Nicolas Maduro comme la plus haute instance du pays, alors que le pays est traversé par une crise sociale.

Plus que jamais contestée, Nicolas Maduro a consacré la nouvelle Assemblée constituante.

Plus que jamais contestée, Nicolas Maduro a consacré la nouvelle Assemblée constituante.

AFP/Ronaldo Schemidt

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a consacré jeudi soir l'Assemblée constituante comme la plus haute instance du pays lors de sa première apparition devant cette instance. Il a dit «se soumettre aux pouvoirs» de l'assemblée entrée en fonction il y a six jours. «Je viens reconnaître ses pouvoirs plénipotentiaires, souverains, originaux et magnifiques», a déclaré le chef de l'État. Cette assemblée l'a ensuite confirmé à l'unanimité dans ses fonctions de «président constitutionnel de la république bolivarienne du Venezuela».

L'élection le 30 juillet des 545 membres de l'Assemblée a déclenché des condamnations internationales, de nombreux pays jugeant qu'elle usurpait l'autorité du parlement, où l'opposition est majoritaire. Le chef de l'État avait présenté l'élection comme le seul moyen de résoudre la crise politique qui agite le pays, après quatre mois d'une vague de contestation qui a fait plus de 120 morts. «Cette assemblée a eu une naissance violente», a-t-il reconnu jeudi. Il a ensuite présenté une loi punissant de 15 à 25 ans de prison toute personne «exprimant de la haine, de l'intolérance et de la violence» et a réitéré la nécessité d'appliquer «une justice sévère» et de lever l'immunité des députés et autres élus accusés d'inciter à la violence lors des manifestations.

Opposition muselée

Nicolas Maduro a par ailleurs affirmé souhaiter «une conversation» avec son homologue américain Donald Trump qui a pris des sanctions contre son pays. Tout en disant souhaiter avoir des relations «normales» avec les États-Unis, il a averti M. Trump que son pays répondrait «avec les armes à la main» à une éventuelle agression. L'opposition craint que la Constituante, où ne siègent que des alliés du parti socialiste de Nicolas Maduro, ne permette au président de s'arroger les pleins pouvoirs ou ne décide de dissoudre le parlement.

Ses craintes ont été confirmées lors de la première session de travail de la chambre le 5 août, ses membres limogeant à l'unanimité la procureure générale Luisa Ortega, principale opposante à M. Maduro à l'intérieur des cercles du pouvoir. L'opposition, qui a boycotté les élections constituantes, réclame la tenue d'un scrutin présidentiel en vue de remplacer Nicolas Maduro, dont le mandat a été marqué par une sévère récession économique source de pénuries. Elle a par ailleurs accusé le gouvernement de persécuter ses membres.

(L'essentiel/AFP)

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