Bataille de Mossoul – L'attaque au chiot piégé, la nouvelle arme de l'EI?

Publié

Bataille de MossoulL'attaque au chiot piégé, la nouvelle arme de l'EI?

Les jihadistes du groupe État islamique auraient trouvé un nouveau moyen de faire régner la terreur dans leur lutte face aux forces loyalistes irakiennes. Ils utiliseraient des chiens.

C'est une vidéo, postée par les milices pro-gouvernementales, qui fait froid dans le dos. On y voit des hommes désinstaller de la poudre explosive sur un chiot. Le petit chien est ainsi lesté de trois bouteilles, remplies de matière explosive, reliées à un détonateur. La bombe, qui aurait été placée sur l'animal par des jihadistes de l'EI, aurait été conçue dans le but de contrer l'avancée de l'armée irakienne dans l'ouest de Mossoul, relève le site Iraqi News.

Sur les images, des soldats désamorcent la bombe tandis que le chien, paralysé par la peur, est immobile. Les combattants sont des membres d'Hachd al-Chaabi, une unité de mobilisation populaire chiite, qui combat aux côtés de l'armée irakienne. On entend ainsi un combattant se demander «quel péché ce chien a-t-il commis?» pour se retrouver en pareille posture.

Par ailleurs, des centaines de civils ont trouvé refuge mardi dans le désert au sud de la ville après avoir fui les combats ainsi que les pénuries dans la deuxième ville d'Irak. «Nous sommes partis à cinq heures ce matin. Nous avons couru au début car nous avions peur des tirs» du groupe État islamique (EI), a raconté à l'AFP Baidaa, une jeune femme de 18 ans portant sa fille dans ses bras.

Les jihadistes «nous ont pris au piège»

Après des heures de marche, elle est arrivée dans les zones contrôlées par l'armée irakienne. Elle relate l'enfer vécu dans les quartiers ouest de Mossoul contrôlés par l'EI. Les jihadistes «nous ont pris au piège et ils ne voulaient pas que nous partions». Ses deux enfants «ne comprenaient pas ce qu'il se passait» et «avaient tellement peur des tirs», raconte Baidaa.

Les forces irakiennes appuyées par la coalition internationale antijihadistes conduite par les États-Unis mènent depuis le 19 février une offensive pour reprendre Mossoul-Ouest. Cette bataille fait partie de l'opération de reconquête du dernier grand fief de l'EI en Irak lancée le 17 octobre et qui s'est déjà traduite par la reprise le 24 janvier des quartiers orientaux de cette ville coupée en deux par le fleuve Tigre.

Un mois plus tard, les forces irakiennes sont entrées pour la première fois dans Mossoul-Ouest, où les violents combats soulèvent de vives craintes pour le sort des quelque 750 000 civils encore présents. «Depuis ce matin, nous avons décompté environ 300 Irakiens - des femmes, des hommes et des enfants - ayant fui les zones de combat dans Mossoul», a indiqué à l'AFP le général Salman Hachem, des forces d'élite du contre-terrorisme (CTS).

(L'essentiel/cga/afp)

Ton opinion