Deschamps/Löw – «L'attentat, un drame qu'on a vécu ensemble»

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Deschamps/Löw«L'attentat, un drame qu'on a vécu ensemble»

Didier Deschamps et Joachim Löw vont vivre leur huitième France-Allemagne comme adversaires, une probable ultime joute entre deux sélectionneurs unis par une amitié rare.

Didier Deschamps et Joachim Löw sont proches.

Didier Deschamps et Joachim Löw sont proches.

AFP/John Macdougall

Sauf retrouvailles ultérieures dans le tournoi, le match d'ouverture du groupe F donnera lieu à une dernière accolade entre le sélectionneur des Bleus, champion du monde en 2018, et celui qui avait conduit le Mannschaft au titre mondial quatre ans plus tôt, sur le point de quitter son poste après quinze ans de règne.

«Il a toujours eu une attitude très fair-play, même dans la défaite (...) C'est un exemple à suivre et c'est en plus une très bonne personne», disait ainsi Joachim Löw en septembre 2018 à l'heure de recevoir les tout frais champions du monde français à Munich, déjà, en Ligue des nations.

Deschamps lui a renvoyé la balle il y a un an dans un entretien croisé réalisé par leurs fédérations respectives. «Sur le plan humain, c'est quelqu'un d'accessible, de sympathique, qui a toujours fait preuve d'humilité». Et d'ajouter: «Le match amical du 13 novembre 2015 a renforcé nos liens».

«On ne discute pas, c'est comme ça»

Entre les deux techniciens, la fraternité est en effet montée d'un cran en marge des attentats de Paris, survenus le soir d'un France-Allemagne au Stade de France, aux abords duquel une personne avait été tuée. «On a vécu cet évènement dramatique ensemble. (...) Nous n'étions plus adversaires. Nous étions ensemble, à partager notre inquiétude», a raconté le patron des Bleus.

Dans son livre «La vie en bleu» (éditions Albin Michel), le chef de presse de l'équipe de France de l'époque raconte la longue attente dans les couloirs du Stade de France, Deschamps refusant de quitter le stade tant que la Mannschaft, désireuse de rentrer directement chez elle, n'aurait pas trouvé de solution.

Philippe Tournon se souvient «du ton catégorique de Didier: "On ne discute pas, c'est comme ça. Tant que les Allemands ne sont pas en sécurité, n'ont pas résolu leur problème d'avion, etc. on ne part pas"», raconte-t-il.

Message après l'Euro-2016

Finalement, Löw et son équipe parviendront à décoller dans la nuit depuis le Bourget, tandis que la délégation française retrouvera son centre de Clairefontaine-en-Yvelines aux alentours de 4h du matin.

Huit mois plus tard, Deschamps recroise la route de Löw en demi-finale de l'Euro 2016 organisée en France. Les Bleus s'imposent 2-0. Sans rancune, le sélectionneur allemand prend le temps d'adresser un message amical à Deschamps après la cruelle défaite de l'équipe de France en finale de son Euro contre le Portugal en prolongation (1-0 a.p.).

«Trois ou quatre jours après la finale, Didier a reçu un message très sympathique du sélectionneur qui ne le consolait pas, mais lui disait comprendre son amertume après un échec (à domicile). C'était très sympa, très élogieux, Didier avait beaucoup apprécié. Il lui avait fait une belle réponse disant combien il avait été touché par cette démarche».

(L'essentiel/afp)

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