Sécurité au Luxembourg – L'éclairage public jugé plus rassurant que les caméras

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Sécurité au LuxembourgL'éclairage public jugé plus rassurant que les caméras

LUXEMBOURG - Une nouvelle étude sur la sécurité dans la capitale a été dévoilée. Et elle apporte une nouvelle fois sa pierre à l'édifice.

Une nouvelle étude sur le sentiment d'insécurité à Luxembourg vient d'être publiée par le ministère de la Sécurité intérieure.

Une nouvelle étude sur le sentiment d'insécurité à Luxembourg vient d'être publiée par le ministère de la Sécurité intérieure.

VINCENT LESCAUT

L'insécurité dans les quartiers de la Gare et de Bonnevoie à Luxembourg est au cœur d'un vif débat depuis des mois. Après le sondage présenté par la Ville - huit citoyens sur dix veulent plus de sécurité et 68 % estiment que la présence d'agents renforce le sentiment de sécurité dans le quartier - c'est au tour du ministère de la Sécurité de s'appuyer sur une étude réalisée du 7 décembre 2020 au 4 janvier 2021. Avec des résultats plus nuancés.

Dans les quartiers de Bonnevoie, du Limpertsberg et de la Gare, «la vidéosurveillance est un outil important, mais pas décisif dans la lutte contre la criminalité». Une caméra peut avoir un effet dissuasif, mais les problèmes de drogue dans le quartier de la Gare démontrent que les caméras, seules, ne sont pas la panacée, indique le rapport. «Il n’y a pas que le quartier de la Gare. On peut parler de "hot-spot" dans la capitale, mais aussi à Esch, Differdange et Ettelbruck, confie le ministre Henri Kox. J’espère trouver une stratégie globale, mais ce ne sera pas seulement le travail de la police».

«Les caméras ne font pas le poids face à la drogue»

«Le résultat de cette étude est complexe», reconnaît Tommy Klein, de TNS-Ilres. «Les gens évitent consciemment certains lieux publics, surtout quand tombe l'obscurité. La journée, ce souci n'existe pas». Selon cette dernière étude réalisée avec 1 933 résidents (contre 500 dans celle de la Ville), la visibilité et l'éclairage sont jugés plus importants que les caméras et la présence de la police et des agents de sécurité».

«Les données que nous venons de publier sont objectives et elles vont être utiles à un débat objectif et démocratique», poursuit Henri Kox. «L’installation de caméras de vidéosurveillance peut résoudre des problèmes ponctuels, sur des problématiques spécifiques, mais pour combattre le phénomène de la drogue, on le voit bien, ce n’est pas la solution. Pour moi, la prévention est très importante à ce niveau-là. Le dialogue est désormais bien entamé et j’espère qu’il y aura moins de polémiques. Avançons désormais en analysant des données concrètes».

«Beaucoup de facteurs peuvent influencer la sécurité dans un espace public»

Les caméras doivent-elles être étendues à Bonnevoie ? «C’est un élément crucial de la réflexion et l’étude est claire à ce sujet», précise Vincent Fally, Inspecteur général adjoint à l'Inspection générale de la police. «Il n’y a pas de réponse univoque à la question. Sans doute, pour la sécurité, il serait bon que ces caméras soient étendues à ce quartier, mais il y a un ensemble de structures à vocation sociale qui travaillent dans ce quartier et il faudrait mesurer l’impact de ces caméras sur leur travail pour éviter que leur noble action soit vouée à l’échec ou contre-productive».

«Les gens le voient, la caméra seule ne peut rien faire» ajoute encore Vincent Fally, «car elle doit s’intégrer dans une logique globale et c’est ça qui peut donner à la caméra plus de réussite potentielle. On le voit avec le guidage des patrouilles, on s’insère dans un concept opérationnel, et là, c’est porteur. Quand c’est fait, pas assez souvent, les implications sont très positives». «Beaucoup de facteurs peuvent influencer la sécurité dans un espace public», conclut Henri Kox, ministre de la Sécurité intérieure. «Et il n’y a pas un seul instrument pour mesurer ce sentiment d’insécurité. Il faut vraiment avoir une approche globale avec les acteurs de terrain et la police pour combattre cette insécurité. Là, où ça existe déjà, il faut être encore plus professionnel et là où on pourrait étendre ces services, ou pas, ça va dépendre d’énormément de facteurs».

(Frédéric Lambert/L'essentiel )

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