Croissance et emploi – L'économie italienne va mieux mais reste à la traîne

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Croissance et emploiL'économie italienne va mieux mais reste à la traîne

Depuis l'arrivée au pouvoir de Matteo Renzi, l'économie italienne est bel et bien repartie, mais par rapport aux voisins européens, il y a encore du chemin à faire.

Matteo Renzi est arrivé au pouvoir en février 2014.

Matteo Renzi est arrivé au pouvoir en février 2014.

AFP/Andreas Solaro

Pendant les 1 000 premiers jours du gouvernement de Matteo Renzi, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 1,6% et la consommation des ménages de 3%, tandis que le déficit public a baissé de 0,4 point de pourcentage et l'endettement de 43 milliards d'euros depuis l'été dernier. Mais l'économie n'est pas encore totalement guérie. Plus des deux tiers des jeunes de 18 à 34 ans vivent encore chez leurs parents, souvent faute de ressources.

La croissance est certes repartie, mais trop faiblement pour véritablement changer la donne sur le terrain. Cette croissance est «très faible depuis des décennies», relève le professeur d'économie à l'université Luiss de Rome, Pietro Reichlin. Le problème de fond est le recul constant de la compétitivité: si de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) sont performantes, particulièrement dans l'agro-alimentaire ou le luxe, beaucoup d'autres ne parviennent pas à lutter contre la concurrence internationale, dans le secteur du textile par exemple. Autre grand problème structurel: le crédit. Les banques italiennes, en pleine tourmente financière en raison de l'énorme masse de leurs créances douteuses, rechignent à prêter. Et là encore, ce sont les PME les plus exposées.

La réforme du «Job Act»

L'investissement bénéficie d'un dégrèvement fiscal important, qui sera encore renforcé en 2017 si la loi de finances, votée par les députés, passe en l'état au Sénat. Mais pour 80% des PME, la faiblesse du crédit et des coûts toujours trop élevés sont autant d'obstacles au développement. Face à un système bancaire trop éparpillé, le ministre des Finances Pier Carlo Padoan a mis en œuvre un regroupement des banques populaires. Mais la situation reste tendue, l'indice des banques italiennes a chuté de près de 50% depuis le début de l'année à la Bourse de Milan et les marchés restent fébriles.

L'autre temps fort économique du gouvernement Renzi a été l'adoption en 2015 du «Jobs Act», une réforme du marché du travail qui a assoupli les conditions de licenciement et aidé les entreprises à embaucher en Contrat à durée indéterminée (CDI). Et là encore, selon le chef du gouvernement italien, les chiffres sont parlants: l'Italie compte 656 000 personnes de plus ayant un emploi dont 487 000 en CDI, 665 000 inactifs en moins, et le taux de chômage a baissé de plus d'un point de pourcentage pour revenir à 11,7%. La CGIL, principal syndicat italien, a d'autres chiffres. «En trois ans, on a donné environ 35 milliards d'euros aux entreprises, dont 18 milliards pour la création d'emplois, et à peine plus de 250 000 ont été créés. C'est peu en regard de ce coût et des droits supprimés», estime Massimo Gibeli, un des dirigeants du syndicat.

(L'essentiel/AFP)

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