Conflit en Irak – L'EI détourne l'aide humanitaire à son profit

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Conflit en IrakL'EI détourne l'aide humanitaire à son profit

Les jihadistes s'approprient les biens et la nourriture envoyés pour les populations dans les régions de l'Irak sous son contrôle, a affirmé lundi, à Genève, l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

Les Nations unies estiment que 5,2 millions de personnes ont besoin d'aide en Irak, dont 1,8 million de personnes déplacées depuis janvier. Près de 3,6 millions d'Irakiens vivent dans des zones qui ne sont pas sous contrôle gouvernemental, dont 2,2 millions ont d'urgence besoin d'aide à l'approche de l'hiver. «Les besoins sont immenses. La communauté internationale doit accroître son aide», a déclaré le directeur du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU, à Genève, Rashid Khalikov, de retour d'une mission d'évaluation en Irak avec l'OCI.

L'ONU essaie d'atteindre le maximum de gens, mais l'information et l'accès sont très limités aux zones rebelles. «Dans les zones sous contrôle de l'EI, la situation n'est pas uniforme, elle varie d'une place à l'autre», a affirmé Hesham Youssef, secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires de l'OCI. Il a précisé que des groupes armés empêchent la distribution de l'aide humanitaire, que d'autres cherchent à en tirer avantage. «L'aide est utilisée par l'EI pour réaliser son agenda politique», a affirmé le représentant de l'OCI. «Elle est distribuée comme si elle provenait de l'EI», a-t-il ajouté.

«Le sentiment général en Irak est que la crise va durer»

Selon Hesham Youssef, de l'aide parvient néanmoins dans les territoires sous contrôle des rebelles à travers des communautés locales. Ni l'ONU ni l'OCI n'ont de contact avec la direction de l'EI, qui occupe près d'un tiers du territoire irakien. Pour le représentant de l'OCI, une intensification des combats avec les groupes jihadistes aggraverait la situation humanitaire. «Elle se détériorerait encore davantage si une offensive majeure était déclenchée contre l'EI», a dit Hesham Youssef.

Dans le Kurdistan irakien, des réfugiés de la ville syrienne de Kobané continuent d'affluer à la frontière turco-irakienne. Ils sont plus de 12 000 Kurdes syriens à y avoir trouvé refuge récemment. «Beaucoup de ceux que nous avons rencontré à Erbil et Dohuk nous ont dit qu'ils ne prévoient pas de rentrer chez eux dans un futur proche. Le sentiment général en Irak est que la crise va durer», a averti le représentant de l'OCI.

Au nom de 45 organisations humanitaires, l'ONU a lancé la semaine dernière un appel révisé de 2,2 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) pour couvrir les besoins de 5,2 millions d'Irakiens d'ici la fin 2015. Pour l'instant, l'Arabie saoudite a versé 500 millions en juillet et d'autres donateurs 100 autres millions. L'ONU a appelé lundi les donateurs à faire preuve de générosité pour trouver 1,6 milliard (1,2 milliard d'euros) manquant.

(L'essentiel/AFP)

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