Arnaque au Luxembourg – «L'escroc irlandais» a sévi plusieurs fois cette année
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Arnaque au Luxembourg«L'escroc irlandais» a sévi plusieurs fois cette année

LUXEMBOURG – L’homme qui tente de soutirer de l’argent à des clients sur des stations-services effectue régulièrement de brefs passages dans le pays, explique la police.

L’homme semble insaisissable. Celui qui est souvent appelé «l’escroc irlandais» fait régulièrement parler de lui depuis plusieurs années, mais court toujours. Il est probable que plusieurs individus, complices ou non, se cachent derrière cet «escroc irlandais», que plusieurs lecteurs de L’essentiel prétendent avoir croisé.

La police grand-ducale, contactée par L’essentiel, a rappelé son mode opératoire. «Il s’agit de faits commis sur les aires d’autoroute un peu partout en Europe, par des personnes souvent munies de pièces d’identité irlandaise et de voitures immatriculées en Irlande ou au Royaume-Uni». Les passants sont abordés par l’individu, «souvent accompagné d’une femme et d’un enfant qui se montrent désespérés, afin d’éveiller de la pitié». Il prétend s’être fait voler ses papiers et avoir besoin d’argent pour rentrer au pays. «Dans quelques cas, les individus mettent leurs victimes sous une certaine pression».

Plusieurs identités

Parfois, l’homme, qui promet de rembourser dès son retour chez lui, se laisse prendre en photo voire laisse photographier sa carte d’identité. Cela est arrivé à plusieurs de nos lecteurs, l’un d’eux nous ayant fait parvenir le cliché. Présentée à deux autres lecteurs, l’image du suspect a été immédiatement reconnue par l’un d’eux, l’autre n’étant «pas certain à 100%». Quant à la carte d’identité, évidemment fausse, elle est établie au nom de Martin Maughan, l’individu ayant par le passé utilisé différentes identités à consonance irlandaise (David Doyle, Marc Kelly, John Moloney,…).

Robert* explique à L’essentiel avoir croisé l’individu sur l’aire de Berchem «à la fin du confinement». Peut-être pour rester discret, l’homme est resté dans son véhicule, «un vieux SUV avec volant à droite», déroulant son histoire habituelle à travers la vitre ouverte. «Il était censé avoir perdu toutes ses affaires, mais il y avait un GSM sur le tableau de bord», a relevé notre lecteur perspicace.

L'importance de signaler les faits

L’escroc reste très peu de temps sur les lieux de ses méfaits. Interrogées, les stations-services du pays n’ont pu livrer que peu d’informations. «Il arrive qu’il fasse irruption. Son comportement n’interpelle pas, donc nous réagissons trop tard», explique une employée. Un salarié d’une autre enseigne se souvient qu’un client «lui en a parlé récemment».

«Quelques cas» ont été signalés à la police en 2020. Mais la plupart des victimes «ne veulent pas perdre du temps avec un dépôt de plainte et peuvent se sentir gênées d’être tombées dans le piège», déplore une porte-parole. Elle insiste pourtant sur l’importance de signaler immédiatement les faits, en indiquant la marque et l’immatriculation du véhicule. S’il se fait attraper, «l’escroc irlandais» risque, selon le code pénal, entre 251 et 30 000 euros d’amende et jusqu’à cinq années de prison.

* Le prénom a été modifié

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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