Cycliste dopé – L'Espagne va verser 725 000 euros à Heras

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Cycliste dopéL'Espagne va verser 725 000 euros à Heras

L'État espagnol a été condamné à dédommager l'ancien cycliste Roberto Heras pour sa suspension entre 2006 et 2008, annulée depuis.

Roberto Heras (à gauche) a été l'un des fidèles lieutenants de Lance Armstrong (à droite), avant de gagner quatre Tours d'Espagne.

Roberto Heras (à gauche) a été l'un des fidèles lieutenants de Lance Armstrong (à droite), avant de gagner quatre Tours d'Espagne.

AFP/Joel Saget

L'Audience nationale, juridiction spécialisée notamment dans les grandes affaires financières, estime dans sa décision que «la quantité à indemniser s'élève à un total de 724 904,86 euros», correspondant à ce qu'aurait dû toucher le cycliste espagnol pendant la durée de sa suspension. Après un contrôle positif à l'EPO en septembre 2005, à l'issue d'une étape du Tour d'Espagne, Roberto Heras avait vu sa victoire dans la Vuelta annulée et avait été suspendu pour deux ans par la fédération espagnole, entraînant sa retraite prématurée.

Ces sanctions avaient été définitivement annulées en 2012 par la justice espagnole, en raison d'irrégularités dans la réalisation des analyses d'urine. La chambre de contentieux administratif de l'Audience nationale, présidée par la juge Berta Santillan Pedrosa, a jugé l'État espagnol responsable de cette erreur et l'a condamné à verser l'indemnisation. Les avocats de l'État ont jusqu'au 8 février pour se pourvoir en cassation. Le cycliste et son entreprise Bejar&Barcycling Sport SL, qui gérait ses droits à l'image, avaient porté plainte contre l'État, le 21 janvier 2015, réclamant plus d'un million d'euros d'indemnisation pour compenser le manque à gagner entraîné par la sanction.

Roberto Heras, 42 ans, ancien coéquipier de Lance Armstrong, est le seul coureur à avoir remporté quatre fois la Vuelta, en 2000, 2003, 2004 et 2005. La décision de l'Audience nationale apparaît comme un revers juridique pour la lutte antidopage en Espagne, un pays qui a souvent été accusé de laxisme sur cette question. En 2013, le jugement en première instance de l'affaire de dopage sanguin Puerto avait également laissé sur leur faim les autorités antidopages. Un tribunal de Madrid doit d'ailleurs se prononcer dans les prochaines semaines sur les recours déposés contre ce jugement et notamment examiner le souhait des instances internationales de pouvoir faire analyser les quelque 200 poches de sang de sportifs impliqués dans le scandale, dont très peu ont été identifiés à ce jour.

(L'essentiel/AFP)

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