Procès en Norvège – L'Etat m'a «poussé au suicide», lance Breivik

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Procès en NorvègeL'État m'a «poussé au suicide», lance Breivik

Breivik, qui a tué 77 personnes en Norvège en 2011, a été appelé à la barre ce mercredi pour témoigner de son isolement carcéral au deuxième jour du procès contre l'État.

Norwegian mass killer Anders Behring Breivik makes a Nazi salute as he arrives to a makeshift court in Skien prison�s gym on March 15, 2016 in Skien, some 130 km south west of Oslo, for his lawsuit against the Norwegian state, which he accuses of violating his human rights by holding him in isolation. Rightwing extremist Anders Behring Breivik is serving a maximum 21-year sentence for killing 77 people -- eight in a bomb attack outside a government building in Oslo and another 69, most of them teenagers, in a rampage at a Labour Youth camp on the island of Utoya in July 2011. / AFP / JONATHAN NACKSTRAND

Norwegian mass killer Anders Behring Breivik makes a Nazi salute as he arrives to a makeshift court in Skien prison�s gym on March 15, 2016 in Skien, some 130 km south west of Oslo, for his lawsuit against the Norwegian state, which he accuses of violating his human rights by holding him in isolation. Rightwing extremist Anders Behring Breivik is serving a maximum 21-year sentence for killing 77 people -- eight in a bomb attack outside a government building in Oslo and another 69, most of them teenagers, in a rampage at a Labour Youth camp on the island of Utoya in July 2011. / AFP / JONATHAN NACKSTRAND

AFP/Jonathan Nackstrand

L'extrémiste de droite Anders Behring Breivik, qui a tué 77 personnes en Norvège en 2011, est passé à l'attaque ce mercredi lors du procès qui l'oppose à l'État. «Depuis cinq ans, l'État essaie de me tuer» avec l'isolement carcéral, a-t-il accusé. Il a ensuite qualifié son isolement carcéral de «torture». «Je ne crois pas que beaucoup auraient réussi à survivre aussi longtemps que je l'ai fait». Assurant avoir été traité «comme un animal» et «poussé au suicide», Breivik a assuré avoir été «près de craquer dans le passé». Et «je suis près de craquer maintenant», a-t-il encore lancé.

Le détenu a reconstitué les inspections corporelles (885 selon son décompte) auxquelles il a été soumis depuis sa mise en détention il y a près de cinq ans, «humiliantes» et «insensées» d'après lui. Il a mimé, accroupi et debout, les différents contrôles de sécurité sous le regard attentif de trois surveillants. Il a ensuite dressé une rapide analogie avec la prison américaine de Guantanamo sur l'île de Cuba. «Personne, je crois, ne sera surpris que je suis torturé. Il n'y a qu'à voir Guantanamo Bay».

«Je suis national-socialiste depuis que j'ai 12 ans»

Lors de cette audition, Anders Behring Breivik a également réitéré ses opinions racistes. «Je suis national-socialiste depuis que j'ai 12 ans», a-t-il déclaré, précisant avoir délibérément dissimulé cette allégeance jusqu'en 2014. «Je lutte depuis le national-socialisme depuis 25 ans et je vais lutter pour lui jusqu'à ma mort», a-t-il ajouté, en lisant une intervention écrite à l'avance. Lorsqu'il a décliné son identité, il s'est présenté comme «secrétaire du parti politique État nordique», une formation extrémiste qu'il essaie de monter depuis sa prison.

Il s'agit là des premières déclarations publiques de Breivik depuis le procès de 2012 qui a abouti à sa condamnation à 21 ans de prison, peine susceptible d'être prolongée s'il reste considéré comme dangereux. Se disant en guerre contre le multiculturalisme, Breivik avait tué 77 personnes le 22 juillet 2011, huit en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo et 69 autres en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste. Pendant plus d'une heure, il avait traqué près de 600 adolescents piégés sur l'île d'Utøya et terrifiés, achevant la plupart de ses victimes d'une balle dans la tête. Puis il avait été arrêté sans opposer de résistance.

(L'essentiel/AFP)

Pas de salut nazi cette fois

Breivik a fait une concession à son arrivée au tribunal ce mercredi, en renonçant au geste, évoquant le salut nazi, qu'il avait fait la veille. Après un rappel à l'ordre de la juge Helen Andenaes Sekulic, qui lui demandait de ne pas le rééditer, il avait promis «d'en tenir compte», il avait objecté qu'il s'agissait d'un ancien salut nordique, une explication qui reste à démontrer.

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