L'été, les enfants de sans-papiers sont écroués

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L'été, les enfants de sans-papiers sont écroués

Le placement d'enfants de clandestins en rétention ces derniers mois a relancé le débat sur ces enfermements. Les associations les condamnent, le gouvernement évoque "l'unité familiale".

Pour Éric Besson, ministre français de l'Immigration, les enfants doivent "d'abord et avant tout de ne pas être séparé de ses parents".

Pour Éric Besson, ministre français de l'Immigration, les enfants doivent "d'abord et avant tout de ne pas être séparé de ses parents".

afp

Début août, la Cimade, qui demeure la seule association habilitée à aider les étrangers en centres de rétention administrative (CRA), a demandé la remise en liberté de plusieurs familles retenues avec leurs enfants à Marseille, Metz et Toulouse. Et a réitéré son opposition de principe à de telles pratiques.

Le 12 août, la Ligue des droits de l'Homme a renchéri en adressant une lettre ouverte au ministre de l'Immigration Eric Besson.

"L'intérêt supérieur de l'enfant"

Face à ces condamnations récurrentes, le ministère de l'immigration a justifié à plusieurs reprise le placement en rétention de jeunes enfants en mettant en avant deux arguments principaux.

D'une part selon M. Besson et ses services, "l'intérêt supérieur de l'enfant" est "d'abord et avant tout de ne pas être séparé de ses parents: le maintien de l'unité familiale constitue dès lors la priorité des pouvoirs publics". D'autre part, les CRA dans lesquels sont retenus les enfants sont "spécifiquement aménagés à cet effet".

Pression de l'opinion publique

Des arguments qui laissent de marbre Richard Moyon du Réseau éducation sans frontières (RESF): "Il est scandaleux d'arracher brutalement des enfants à leur école, leur logement, leurs amis pour les plonger dans un univers carcéral en provoquant chez eux des traumatismes profonds et durables", s'indignait-il.

"La prise de position de Mme Versini (...) reflète aussi la pression de l'opinion publique qui ne comprend pas que l'on puisse enfermer des enfants dans des prisons pour étrangers".

lessentiel.lu avec AFP

Les actions

Cette année encore des militants de RESF ont mobilisé l'opinion tout l'été contre la "chasse aux enfants" et ont notamment contribué à la libération la semaine dernière à Marseille d'une famille philippine comprenant une petite fille de cinq ans, Véa, qui a passé deux semaines en rétention.

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