Marché des devises – L'euro reste sous la barre des 1,20 dollar

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Marché des devisesL'euro reste sous la barre des 1,20 dollar

L'euro remontait légèrement face au billet vert mardi mais restait plombé notamment par les inquiétudes sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro.

Les inquiétudes demeurent. (AFP)

Les inquiétudes demeurent. (AFP)

Vers 8h, la monnaie unique européenne valait 1,1965 dollar contre 1,1933 dollar lundi vers 22h. Elle était tombée lundi dans les échanges asiatiques à 1,1864 dollar, son niveau le plus faible depuis mars 2006. La devise européenne baissait face à la monnaie nippone, à 142,09 yens contre 142,74 yens lundi. Le dollar aussi perdait du terrain face à la devise japonaise, à 119,75 yens contre 119,61 yens la veille. Selon les analystes, la monnaie européenne risque de continuer à souffrir des incertitudes des marchés sur la Grèce et de la crainte d'un nouveau ralentissement de l'économie dans la zone euro.

La Grèce reste au cœur des inquiétudes des investisseurs, à l'approche d'un scrutin législatif anticipé, le 25 janvier. Il est susceptible d'être remporté par le parti de gauche Syriza, ce qui ravive les craintes d'une sortie du pays de la zone euro. Pendant le week-end, une information de presse a laissé entendre que la chancelière allemande Merkel serait prête à laisser sortir la Grèce de la zone euro si Syriza remporte le scrutin et décide d'abandonner la ligne de rigueur budgétaire et de ne plus rembourser la dette du pays.

Injection de liquidités

Une porte-parole de la Commission européenne a cependant rappelé lundi que l'appartenance d'un pays à la zone euro est «irrévocable». Les investisseurs jugent par ailleurs de plus en plus probable la perspective d'un vaste programme de rachats d'actifs par la BCE pour soutenir l'économie. Son président Mario Draghi a ainsi prévenu dans une interview vendredi que l'institution se préparait «techniquement pour modifier début 2015 l'ampleur, le rythme et le caractère des moyens à mettre en place s'il devenait nécessaire de réagir à une trop longue période d'inflation trop faible». L'inflation a fortement ralenti en Allemagne le mois dernier, à 0,2% sur un an, son plus bas niveau depuis octobre 2009, selon un chiffre provisoire publié lundi, de mauvais augure avant la première estimation des données pour l'ensemble de la zone euro mercredi.

Un programme de soutien monétaire de la BCE reviendrait à injecter des liquidités dans le système financier de la zone euro pour stimuler l'activité économique, mais cela tendrait également à diluer la valeur de la monnaie unique, la rendant moins attrayante pour les investisseurs. La BCE pourrait également acheter des obligations de pays de la zone euro en grande difficulté financière. Ces titres sont considérés comme des actifs risqués. La National Australia Bank a estimé dans une note aux investisseurs «qu'après les propos de Draghi ce week-end, les chiffres de l'inflation en Allemagne ont renforcé le sentiment selon lequel un assouplissement monétaire est imminent».

Le marché s'inquiète en outre de la chute des prix du pétrole qui sont tombés brièvement lundi sous les 50 dollars le baril, leur plus bas niveau depuis cinq ans. Aux États-Unis, les cambistes guetteront cette semaine les chiffres de l'emploi dans le secteur privé pour décembre mercredi, avant le très important rapport officiel mensuel sur l'emploi et le chômage, un indicateur majeur pour jauger la vigueur de la reprise de la première économie mondiale. Vers 8h, la livre britannique baissait face à la monnaie unique européenne, à 78,37 pence pour un euro, et montait face au dollar, à 1,5269 dollar pour une livre. La devise suisse baissait légèrement face à l'euro, à 1,2017 franc suisse pour un euro, et montait face au billet vert, à 1,0043 franc suisse pour un dollar.

(L'essentiel/AFP)

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