Justice en France – L'ex-ministre Claude Guéant présenté à un juge
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Justice en FranceL'ex-ministre Claude Guéant présenté à un juge

L'ancien ministre français de l'Intérieur devait être présenté samedi à un juge dans l'enquête sur les soupçons de financement par la Libye de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Claude Guéant avait justifié un virement litigieux par la vente d'un tableau.

Claude Guéant avait justifié un virement litigieux par la vente d'un tableau.

AFP

À l'issue d'une garde à vue entamée à l'aube vendredi à l'office anticorruption (Ocliff), celui qui fut le bras droit de l'ex-chef de l'État devait être déféré en début d'après-midi, a affirmé à l'AFP une source judiciaire. Les juges financiers parisiens s'interrogent notamment sur la découverte lors d'une perquisition en février 2013 d'un virement de 500 000 euros sur le compte de l'ancien ministre de l'Intérieur. Un homme d'affaires du Golfe, soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire dans ce versement, doit également être présenté au juge instructeur.

Claude Guéant avait justifié ce virement (provenant d'un compte à l'étranger) par la vente en 2008 à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais des experts avaient contesté la valorisation de ces œuvres. «C'est une opération qui est strictement privée, cela n'a strictement rien à voir avec la Libye», avait assuré M. Guéant lorsque l'affaire des tableaux flamands avait été révélée. «Au moment des perquisitions j'ai dit, je l'ai fait inscrire au procès verbal, que j'avais les justificatifs». Selon une source proche du dossier, l'enquête s'attache notamment à tracer des flux financiers avec l'étranger. Les liens de Claude Guéant, qui avait notamment joué un rôle central dans les tractations avec d'anciens responsables libyens, ayant conduit à la libération des infirmières bulgares, comptent également parmi les interrogations des enquêteurs.

Après de premières accusations de dignitaires kadhafistes dès 2011, les accusations d'un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy avaient été relancées de manière spectaculaire entre les deux tours de la présidentielle de 2012, lorsque Mediapart a publié un document évoquant un accord du régime libyen de Mouammar Kadhafi pour financer M. Sarkozy, dont ce dernier assure qu'il s'agit d'un «faux grossier». Attribué à Moussa Koussa, ex-chef des renseignements extérieurs libyens, ce document affirme que Tripoli avait accepté de financer pour «50 millions d'euros» la campagne 2007. Moussa Koussa a également qualifié ce document de «faux». Mais Mediapart défend avec force la thèse de l'authenticité, s'appuyant notamment sur une expertise selon laquelle la signature au bas du document est bien celle de Moussa Koussa.

(L'essentiel/AFP)

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