Inquiétude en Allemagne – L'extrême droite allemande encore plus violente

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Inquiétude en AllemagneL'extrême droite allemande encore plus violente

Les services de renseignements allemands ont dressé mardi un panorama inquiétant, y compris dans les rangs de la police et de l'armée.

Le nombre de militants d'extrême droite est évalué à environ 33 000, dont 13 300 potentiellement violents.

Le nombre de militants d'extrême droite est évalué à environ 33 000, dont 13 300 potentiellement violents.

DPA

L'extrême droite crée en Allemagne une «situation de sécurité particulière qui constitue un gros problème», a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer. Le ministre a présenté le rapport 2020 des services de renseignements intérieurs consacré à la scène extrémiste allemande. L’extrême droite reste la menace sécuritaire numéro un en Allemagne, marquée ces deux dernières années par plusieurs attentats racistes et antisémites.

Le nombre de militants d'extrême droite est évalué à environ 33 000, dont 13 300 potentiellement violents, selon les services. Les actes violents, voire criminels, d'extrême droite ont augmenté d'environ 5% en 2020, une année marquée en février par la tuerie de Hanau (Hesse), au cours de laquelle neuf personnes d'origine étrangère avaient été tuées par un extrémiste.

De nouveaux membres parmi les anti-masques

Quelque 22 357 délits sur fond d'extrémisme de droite ont été enregistrés l'an dernier, contre 21 290 en 2019, dont 1 023 actes violents (925 en 2019). La pandémie de Covid-19 et les restrictions sanitaires ont permis à cette scène violente de recruter de nouveaux membres et de participer aux manifestations anti-masques. «Nous devons être particulièrement préoccupés par le fait que les manifestants (anti-restrictions) ne se soient pas clairement distingués des extrémistes de droite» dans les cortèges, a mis en garde M. Seehofer.

À côté des théories antisémites accusant, dans certaines de ces manifestations, une «'élite juive' d'avoir créé artificiellement le virus (...), de nombreuses voix se sont élevées pour prétendre que le gouvernement fédéral exploitait la crise pour installer des mécanismes de surveillance de la population», décryptent les services de renseignements dans leur rapport.

Dissolutions de brigades

Ils mettent en outre en garde contre l'appartenance de policiers ou militaires à cette mouvance, un phénomène longtemps sous-estimé en Allemagne et qui a conduit ces derniers mois à des dissolutions de brigades. Entre 2017 et 2020 , quelque 58 cas ont été identifiés dans les rangs de la police fédérale, 319 dans les forces de l'ordre régionales et 1 064 dans l'armée, détaille le rapport.

Cette montée de la violence est aussi observée par les services dans la mouvance d'extrême gauche, dirigée contre la police, l'extrême droite mais aussi des entreprises, en particulier dans l'immobilier. Les services ont ainsi recensé une hausse des actes violents d'extrême gauche (1 237 l'an dernier contre 921 en 2019).

(L'essentiel/AFP)

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