Tractations européennes – L'heure de vérité approche pour Von der Leyen
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Tractations européennesL'heure de vérité approche pour Von der Leyen

L'Allemande doit valider sa candidature à la présidence de la Commission européenne par un vote des eurodéputés. Cela ne s'annonce pas simple.

Ursula von der Leyen espère succéder à Jean-Claude Juncker.

Ursula von der Leyen espère succéder à Jean-Claude Juncker.

AFP/Francois Walschaerts

L'Allemande Ursula von der Leyen, qui espère devenir la première femme à présider la Commission européenne, affronte mardi les votes des eurodéputés, à Strasbourg. Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, cette proche de la chancelière Angela Merkel doit obtenir la majorité absolue au Parlement, soit 374 voix. Toute la question est de savoir si elle parviendra à faire le plein des voix dans le camp des pro-européens sans avoir besoin du soutien des eurosceptiques.

Nombre d'eurodéputés ont en effet été frustrés par la façon dont elle a été désignée: après un sommet de trois jours à Bruxelles, riche en rebondissements, les dirigeants de l'UE l'ont choisie le 2 juillet, faisant fi des candidats présentés par le Parlement européen. Certes, le PPE, formation de droite à laquelle elle appartient et qui constitue la principale force de l'Assemblée avec 182 élus, a promis qu'il voterait pour elle. Mais les socialistes (154 élus) et les libéraux-centristes (108 élus) ne se sont pour l'instant engagés à rien. Dans le camp des sociaux-démocrates, ce sont précisément les compatriotes de Mme von der Leyen, partenaires de coalition du gouvernement Merkel, qui sont les plus virulents.

Incertitudes sur les eurosceptiques

Pour l'instant, rien n'est joué. Les socialistes, comme les libéraux-centristes, prendront leur décision définitive après le discours de Mme von der Leyen, et ses réponses au Parlement mardi, ce qui ouvre la voie à toutes les tractations. Les socialistes veulent avant tout que Mme von der Leyen leurs promette de poursuivre, dans la prochaine Commission, la politique du Néerlandais Frans Timmermans, l'un des leurs, vis à vis des pays qui violent l'État de droit, la Hongrie et la Pologne, en ne respectant pas par exemple l'indépendance des juges. M. Timmermans doit rester le premier vice-président de la Commission comme s'y est engagée Mme von der Leyen.

Les libéraux-centristes insistent pour que la Danoise Margrethe Vestager ait exactement le même rang que M. Timmermans dans la nouvelle Commission. Alors que les Verts (74 élus) et l'extrême gauche (41 élus) ont exclu de voter pour Mme von der Leyen, les eurosceptiques n'ont pas encore décidé. Parmi eux, les Conservateurs et réformistes (62 élus) ont promis d'être «pragmatiques». Le groupe d'extrême droite Identité et Démocratie (73 élus) a jugé «peu probable» un vote en sa faveur. Dans ce vote à bulletins secrets, il se peut que des soutiens d'eurosceptiques puissent compenser des défections de pro-européens. Il y a cinq ans, le chrétien-démocrate Juncker avait été élu dans un Parlement européen beaucoup moins fragmenté qu'aujourd'hui, avec 422 voix pour et 250 contre.

(L'essentiel/afp)

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