A Ettelbruck – L'homme abattu aurait-il pu être maîtrisé?
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À EttelbruckL'homme abattu aurait-il pu être maîtrisé?

ETTELBRUCK - Après avoir tenté d’agresser deux policiers avec un couteau, un homme est tombé sous le feu d’une seule balle. Était-il possible de le neutraliser autrement?

Maitriser un individu agressif n'est pas neutre pour les forces de police.

Maitriser un individu agressif n'est pas neutre pour les forces de police.

Un seul et unique coup de feu. Un homme est tombé, samedi soir, sous une seule balle de la police à Ettelbruck. Après avoir carjacké un véhicule à Hosingen, il avait tenté de semer la police lors d’une course poursuite qui s’est terminée place Marie-Thérèse. Après avoir tenté d’agresser deux policiers avec un couteau, l’homme a été neutralisé par un policier qui a fait usage de son arme de service. Touché dans le bas du ventre, il succombera à ses blessures dans la foulée.

Quelle était l’arme de service? Depuis mi-2017, la police grand-ducale est équipée d’un pistolet semi-automatique, le SFP9, fabriqué en Allemagne par Heckler et Koch. Cette arme à feu est conçue avec une détente simple action de calibre 9 mm. Parmi les nombreuses questions qui se posent à présent, certains se demandent si cet homme aurait pu être neutralisé autrement qu’avec une arme à feu?

Alors que le taser est utilisé à Trèves en Allemagne ou dans le sud de la province belge de Luxembourg, la police grand-ducale n’entend pas introduire une arme de service supplémentaire, au sein des ceinturons des policiers, aux côtés du pistolet SFP9, du deuxième chargeur, de la matraque, du spray au poivre, des menottes, de la lampe torche et de la radio. Un taser, «arme de force intermédiaire, permet d’éviter le recours à la force physique et de réduire les blessures infligées», vante son fabricant, Axon.

Une énorme bagarre dans la même zone en juin 2020

Qu’en est-il encore de l'usage des bodycams par les policiers au Luxembourg? On l’a vu, dès lundi, l’inspection générale de la police a lancé un appel à témoins «pour les besoins de l’enquête judiciaire». Avec un objectif, notamment: «Récupérer du matériel vidéo». En espérant, peut-être, pouvoir visionner d’autres images que celles qui ont très rapidement été partagées massivement sur les réseaux sociaux.

Si les policiers avaient été équipés de bodycams, il y a fort à penser que ce type de données auraient déjà pu être à disposition des enquêteurs. En mai dernier, pourtant, le ministère de la Sécurité intérieure avait précisé que «cela n’avait aucun sens d’acheter ce type de matériel», sans une base légale qui permettrait de mettre en place «un projet-pilote».

Au niveau d’éventuelles caméras, d’autres questions se posent également dans cette zone. Souvenez-vous, fin juin 2020, une énorme bagarre avait éclaté à deux pas de là, dans la cour de récréation de l’école fondamentale proche de la place Marie-Thérèse. La commune d’Ettelbruck avait alors indiqué que la zone serait surveillée par une société de gardiennage. Des caméras de surveillance orientées vers la cour de récréation ont normalement dû être installées depuis lors. Serviront-elles aux enquêteurs après ces faits dramatiques?

(fl/L'essentiel )

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