Harcèlement en France – «L'impunité est finie. Nous ne nous tairons plus»
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Harcèlement en France«L'impunité est finie. Nous ne nous tairons plus»

Plusieurs anciennes ministres françaises ont pris la parole après les accusations de harcèlement sexuel lancées contre le député Denis Baupin.

Cet appel fait suite aux accusations lancées contre le député Denis Baupin.

Cet appel fait suite aux accusations lancées contre le député Denis Baupin.

Dix-sept anciennes ministres françaises, de gauche comme de droite, déclarent que la loi du silence n'est plus possible dans les affaires de harcèlement sexuel. Elles estiment que le monde politique a un devoir d'exemplarité en la matière. «Nous nous sommes engagées en politique pour des raisons diverses, nous défendons des idées différentes, mais nous partageons la volonté que le sexisme n'ait pas sa place dans notre société», déclarent-elles dans un appel publié dans les colonnes du Journal du dimanche.

De la communiste Michèle Demessine à la présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, en passant par la socialiste Élisabeth Guigou, l'écologiste Dominique Voynet et la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde, les signataires de l'appel soulignent que «ceux qui écrivent les lois, les votent, sont chargés de les faire appliquer, se doivent de les respecter et donc d'être irréprochables».

Cet appel fait suite aux accusations lancées par des élues et responsables d'Europe Ecologie-Les Verts contre le député Denis Baupin. Elles ont dénoncé des gestes déplacés assimilables à du harcèlement ou à des agressions sexuelles. L'époux de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse dément les faits. Il a démissionné de son poste de vice-président de l'Assemblée nationale.

«C'est trop»

«Nous prenons la plume pour dire que, cette fois, c'est trop, l'omerta et la loi du silence ne sont plus possibles», déclarent les anciennes ministres. «Nous avons été ministres, nous sommes ou avons été élues. Et comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux auparavant exclusivement masculins, nous avons eu à subir et à lutter contre le sexisme. Ce n'est pas aux femmes à s'adapter à ces milieux, ce sont les comportements de certains hommes qui doivent changer», indiquent-elles.

«Ce fléau n'est pas propre à notre univers, loin de là, mais le monde politique a un devoir d'exemplarité», ajoutent-elles. Et de souligner que «cela concerne tous les partis, tous les niveaux de pouvoir.» «L'impunité, c'est fini. Nous ne nous tairons plus», poursuivent-elles. Elles s'engagent à dénoncer «systématiquement toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les comportements inappropriés.»

Parmi les signataires, figurent trois anciennes ministres de François Hollande, Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin et Cécile Duflot, mais aussi, à droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, Roselyne Bachelot et Rama Yade.

(L'essentiel/AFP)

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