Tripartite au Luxembourg: Des mesures contre l’inflation, pas d’index repoussé

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Tripartite au LuxembourgDes mesures contre l’inflation, pas d’index repoussé

SENNINGEN – Un accord de principe a finalement été trouvé lors de la tripartite, après trois jours d’intenses négociations.

par
Joseph Gaulier

«Il s’agit d’un pacte anti-inflation encore jamais vu au Luxembourg», a affirmé Xavier Bettel, Premier ministre tard mardi soir, au moment d’annoncer «un accord de principe» avec les partenaires sociaux à l’issue de la tripartite. L’accord est en effet tombé après «trois longues journées de négociations», a-t-il lancé, le ton grave et l’air fatigué. «Le dialogue social n’est pas toujours facile, mais il fonctionne», a-t-il résumé.

Le pacte comprend «la baisse des prix du gaz et du mazout via des subventions», «la baisse de la TVA d’un point de pourcentage», «une enveloppe pour les pensionnés», «la révision de l’allocation de vie chère et des primes énergie», ou encore «adaptation du salaire social minimum», a listé le Premier ministre, évoquant un coût d’un milliard d’euros. La hausse du gaz sera limitée à 15%, tandis que le litre de mazout va reculer de 15 centimes. «C’est bien investi, car c’est pour les citoyens». Cette somme «reste dans le cadre budgétaire qui nous est possible», a abondé Yuriko Backes, ministre des Finances. Elle tient à garder le triple A des agences de notation, afin de préserver «la compétitivité des entreprises du pays».

«Affronter la crise»

Il n’a pas été prévu de repousser ou d’annuler des tranches d’index, comme cela avait été le cas en mars, lors de la précédente tripartite, suscitant le rejet de l’OGBL. Mais une clause de rendez-vous est prévue: la tripartite se réunira de nouveau si trois indexations des salaires et pensions sont censées tomber en 2023. Dans son pire scénario, le Statec en prévoyait jusqu’à trois, en plus de celle de juillet 2022 repoussée à avril 2023. Désormais, grâce aux mesures du pacte pour limiter l’inflation, il ne prévoit plus qu’une seule tranche d’ici fin 2023, autour de février. «Cela repousse les indexations, cela nous donnera un peu de tranquillité en cette période difficile», reprend Yuriko Backes.

«Nous tenions à deux points: le pouvoir d’achat et le maintien de l’indexation des salaires. Nous sommes donc contents d’avoir obtenu cela», réagissait Nora Back, présidente de l’OGBL. «Nous sommes satisfaits, car nous avons réussi, par le biais des aides, à mettre en place un bouclier énergie», relate Patrick Dury, président du LCGB. Côté patronat, Michel Reckinger, président de l’UEL, évoque «un accord qui aidera les acteurs à affronter la crise». L’accord de principe doit encore être rédigé et validé en interne par les différentes parties. Xavier Bettel espère le signer dès la semaine prochaine, pour une mise en place des mesures dès octobre.

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