Covid au Luxembourg – L'obligation vaccinale a suscité un long débat
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Covid au LuxembourgL'obligation vaccinale a suscité un long débat

LUXEMBOURG - La majorité et le CSV ont marqué leur approbation, sous conditions, aux mesures annoncées mercredi. Les autres partis sont critiques.

Claude Wiseler (CSV), Yves Cruchten (LSAP) et Nathalie Oberweis (déi Lénk) ont donné leur avis.

Claude Wiseler (CSV), Yves Cruchten (LSAP) et Nathalie Oberweis (déi Lénk) ont donné leur avis.

Editpress

Les débats sur la vaccination obligatoire au Covid-19 ont été riches pendant environ cinq heures mercredi. Après que le gouvernement a indiqué vouloir suivre les recommandations du groupe d'experts, qui a plaidé la semaine dernière pour la vaccination obligatoire des plus de 50 ans et du personnel soignant, chaque fraction ou tendance politique a pu répondre ou présenter sa vision des choses.

Les membres de la majorité ont logiquement défendu la mesure. «Les réactions au vaccin sont quasiment inexistantes», a affirmé Gilles Baum (DP), renvoyant l'idée que sa fraction libérale était unie sur la question. Selon lui, «il ne s’agit pas de stigmatisation d'une partie de la population, mais de solidarité», a-t-il dit, pour défendre l'idée annoncée par le Premier ministre, issu du même parti.

«Une sanction pénale serait disproportionnée».

Sur la même ligne, Josée Lorsché (Déi Gréng) a rappelé que le vaccin contre le Covid-19 «n’était pas une expérimentation», contrairement à de fausses informations circulant actuellement. Elle a longuement plaidé pour la vaccination, affirmant tout de même que si un cinquième des adultes n'étaient pas vaccinés, «il est de notre responsabilité de les convaincre».

Yves Cruchten (LSAP) a reconnu que le débat recouvrait «des questions complexes», notamment sur la protection des données, sachant que «beaucoup d’avis d’experts ne vont pas dans la même direction». Le chef de fraction socialiste soutient cependant la mesure, avec des sanctions administratives limitées à 250 euros. «Une sanction pénale serait disproportionnée».

Propos hués

Le CSV, par la voix de Claude Wiseler, veut aller plus loin. Le député a plaidé en faveur d’une obligation vaccinale généralisée, pour les résidents et les frontaliers. «Cela peut passer par un plan à étapes, avec d’abord certaines catégories de population», selon lui. Mais pour cela, il exige le choix du vaccin par le patient, avec une limite de temps pour la loi. Le président du parti ne veut pas non plus que des personnes soient «vaccinées de force» et a insisté sur des campagnes de sensibilisation à mener, ainsi qu’une assistance à destination des personnes concernées.

Le ton des débats, globalement calmes, est monté d’un cran lorsque Fernand Kartheiser (ADR) a pris la parole. Plusieurs de ses propos ont été hués et contestés en séance. Le député a dénoncé «une obligation décidée par le gouvernement», ce qu’a démenti Xavier Bettel. «Nous avons un droit, une Constitution, nous n’avons pas besoin d’expérimentation juridique», a-t-il encore lancé. Il dénonce aussi une «marginalisation» des non-vaccinés et une «moralisation des débats».

«Il y a déjà une obligation directe»

Nathalie Oberweis, pour déi Lénk, a également marqué son opposition à la mesure, pour d'autres raisons. «Il y a déjà une obligation directe», qu’elle regrette, a-t-elle glissé en préambule. «Nous passons maintenant au vaccin obligatoire sans qu’il y ait la nécessité de le faire». Elle a notamment expliqué que le variant Omicron «changeait la donne», puisqu’il semble plus contagieux mais moins vigoureux. Selon la députée de gauche, ces discussions revêtent également «un aspect social, avec l’inégal accès au vaccin».

Pour le Pirate Sven Clement, l’obligation «n’est pas la bonne voie». Il demande le libre choix et la prise en compte des contre-indications médicales, «y compris pour des raisons psychologiques». Son collègue Marc Goergen a aussi pris la parole pour regretter que l’État «donne le signal qu’il peut prendre des décisions liées au corps de chacun». L’un des points centraux serait «celui de l’amende et de qui contrôle» le respect de la loi. «Une amende forfaitaire serait «discriminatoire à l’égard de ceux qui ont de petits revenus».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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