Aide humanitaire – L'ONU envisage de taxer les matchs de foot

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Aide humanitaireL'ONU envisage de taxer les matchs de foot

L'organisation cherche de nouvelles solutions pour financer l'aide humanitaire. Les transports, les matchs de football ou les concerts pourraient être taxés.

Les besoins humanitaires sont passés de 2 milliards de dollars en 2000 à 24,5 milliards quinze ans plus tard.

Les besoins humanitaires sont passés de 2 milliards de dollars en 2000 à 24,5 milliards quinze ans plus tard.

AFP

L'ONU suggère une «contribution volontaire» sous forme de taxe sur les transports, les matches de football ou les concerts pour combler le fossé grandissant entre besoins humanitaires et dons, dans un rapport publié dimanche. Ce rapport a été rédigé par neuf experts sous l'égide de la Commissaire européenne Kristalina Georgieva et du sultan malaisien Nazrin Shah.

Les besoins humanitaires sont passés de 2 milliards de dollars en 2000 à 24,5 milliards quinze ans plus tard, sous l'effet de la multiplication des conflits et des catastrophes naturelles aggravées par le changement climatique, constatent-ils. Et en 2015, l'ONU n'a recueilli que la moitié des fonds demandés. Les rations alimentaires de 1,6 million de Syriens ont donc dû être réduites, ce qui a contribué à un exode massif vers l'Europe. «Jamais le monde n'a été aussi généreux (...) mais jamais non plus cette générosité n'a été aussi insuffisante», déplore Mme Georgieva.

Créer une «taxe de solidarité»

L'ONU veut ainsi élargir le cercle des donateurs (cinq pays fournissent les deux-tiers de l'aide humanitaire publique) et trouver de nouvelles sources de financement. Une des idées les plus concrètes est de créer une «taxe de solidarité» appliquée sur certains biens ou services. Comme Unitaid, une ONG qui a persuadé dix pays de prélever quelques dollars sur chaque billet d'avion pour lutter contre le paludisme ou le sida et qui a ainsi 1,6 milliard d'euros entre 2006 et 2011. «Une taxe de solidarité sur les voyages aériens ou le carburant pourrait financer des services médicaux» dans les camps de réfugiés ou les zones urbaines abritant de personnes déplacées, suggère le rapport.

Pour Mme Georgieva, «il est possible de mettre en place une micro-contribution assise sur un énorme volume» de transactions. Elle a cité en vrac le carburant, les concerts, les films ou les compétitions sportives, précisant que des contacts avaient été pris avec la Fédération internationale de football (FIFA). Mais l'exemple de la taxe Tobin sur les transactions financières montre à quel point «c'est une question difficile», note-t-elle.

Une autre option est de diriger vers les opérations humanitaires une partie des centaines de milliards de dollars brassés chaque année par les institutions financières islamiques. «La finance sociale islamique est un territoire qui n'est pas assez exploré», relève le rapport.

Le rapport est présenté dimanche à Dubai et sera étudié au sommet humanitaire à Istanbul en mai.

(L'essentiel/AFP)

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