Vote crucial – L'opposition turque craint des fraudes lors du scrutin

Publié

Vote crucialL'opposition turque craint des fraudes lors du scrutin

Alors que les Turcs votent dimanche pour la présidentielle et les législatives, des militants s'organisent pour déjouer les fraudes électorales qu'ils s'attendent à repérer.

L'ONG «Oy ve Otesi» tente de mobiliser les électeurs et d'assurer la sincérité du scrutin.

L'ONG «Oy ve Otesi» tente de mobiliser les électeurs et d'assurer la sincérité du scrutin.

AFP/Yasin Akgul

Dans la chaleur pesante d'Istanbul qui envahit un local exigu, une centaine de personnes écoutent attentivement l'exposé en griffonnant des notes sous une lumière blafarde. La leçon du jour: repérer et déjouer d'éventuelles tentatives de fraudes électorales. À l'approche des élections législatives et présidentielle anticipées qui se tiennent dimanche en Turquie, partis d'opposition, associations ou simples citoyens se mobilisent pour surveiller les urnes et s'assurer qu'aucune irrégularité n'est commise.

Alors que ce scrutin s'annonce comme le plus serré depuis l'avènement de Recep Tayyip Erdogan au pouvoir, il y a 15 ans, la transparence du vote s'est imposée comme un enjeu majeur. Pour la première fois, Selcan a adhéré à un parti pour pouvoir être témoin dans les bureaux de vote. «Nous sommes inquiets. Le référendum a eu un gros impact sur nous», confie cette trentenaire, lors de l'atelier. Comme Selcan, des dizaines de milliers de personnes prendront place dimanche dans les bureaux de vote pour veiller au bon déroulement du scrutin. L'ONG «Oy ve Otesi» espère former entre 50 000 et 60 000 témoins avant le scrutin.

Mais la convocation bien plus tôt que prévu de ces élections initialement programmées en novembre 2019 a pris de court les associations et les partis d'opposition qui doivent de surcroît composer avec de nouvelles règles électorales. Parmi les mesures les plus décriées, figure la validation des bulletins et des enveloppes ne portant pas le sceau des autorités électorales. Les observateurs considèrent pourtant cet estampillage comme un garde-fou contre le bourrage des urnes. Signe que les craintes sont vives, les principaux partis d'opposition ont uni leurs forces en créant une «Plateforme pour une élection juste», qui effectuera son propre comptage des voix à l'aide d'une application mobile.

(L'essentiel/afp)

Ton opinion