Jean Asselborn sur la Suisse – «L'UE ne reviendra pas sur la liberté de circulation»

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Jean Asselborn sur la Suisse«L'UE ne reviendra pas sur la liberté de circulation»

LUXEMBOURG - En marge d'un sommet à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères a réagi à la votation suisse de dimanche qui a dit «oui» à une limitation de l'immigration dans le pays.

Jean Asselborn évoque le risque pour la Suisse de perdre son accès privilégié au marché européen.

Jean Asselborn évoque le risque pour la Suisse de perdre son accès privilégié au marché européen.

Editpress

Le choix par votation, dimanche, des Suisses de mettre fin à «l'immigration de masse» a fait réagir une partie de l'Europe ce lundi. En marge d'un sommet des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a affirmé que «l'Union européenne ne reviendra pas sur ses acquis, dont fait partie la liberté de circulation».

Dès dimanche soir, la Commission européenne a indiqué qu'elle examinera les implications de ce vote sur ses relations avec la Confédération helvétique. Jean Asselborn s'est voulu plus précis, rappelant que lorsque la Suisse avait signé le traité de libre-circulation, elle avait obtenu en contrepartie un accès privilégié au marché européen. «Si l'un des piliers n'a plus cours, le deuxième non plus, évidemment», a-t-il ainsi souligné.

«L'égoïsme est la principale composante de ce vote»

En France, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a jugé le résultat du vote «préoccupant», estimant que l'UE devait «réviser ses relations avec la Suisse». «C'est paradoxal puisque la Suisse fait 60% de son commerce extérieur avec l'UE et vit très largement de l'Europe».

Toujours en France, le quotidien de gauche Libération juge que, avec ce résultat, «les Suisses ferment les frontières». Le politologue Jean-Yves Camus estime dans les colonnes du quotidien que «l'égoïsme économique est la principale composante de ce vote». «Les Suisses votent pour l'instauration de quotas», annonce de son côté, en Une, Le Figaro. Enfin, le quotidien du monde des affaires, Les Échos, évoque «un résultat aux conséquences économiques difficiles à prévoir».

«Presque trois fois plus d'étrangers qu'en Allemagne»

En Allemagne, Die Zeit titre de manière forte: «La Suisse dit "Fuck the EU"», en référence aux propos tenus jeudi par une diplomate américaine au sujet de la position de l'Union européenne sur la crise ukrainienne. L'hebdomadaire allemand relève que les Suisses n'ont «pas voté dimanche avec la tête, mais avec l'estomac», soulignant que le pays va au-devant d'une «période troublée».

En revanche, le Berliner Zeitung se montre plus compréhensif: «Ceux qui se moquent ici de la peur d'être envahis par les étrangers devraient au moins réfléchir au fait qu'en Suisse, le pourcentage des étrangers est, avec 23% de la population totale, presque trois fois plus important qu'en Allemagne».

(jg/L'essentiel avec DPA et AFP)

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