Conflit au Proche-Orient – L'UE reporte ses sanctions contre Israël
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Conflit au Proche-OrientL'UE reporte ses sanctions contre Israël

L'Union européenne a différé sa décision d'étiqueter les produits des colonies israéliennes de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, a rapporté dimanche le journal israélien «Haaretz».

Catherine Ashton, représentante diplomatique de l'UE, a accepté de retarder la mise en place de l'étiquetage des produits israélien issus des colonies.

Catherine Ashton, représentante diplomatique de l'UE, a accepté de retarder la mise en place de l'étiquetage des produits israélien issus des colonies.

AFP

Citant des sources diplomatiques européennes et des responsables israéliens non identifiés, le journal écrit que la démarche, qui devait être approuvée par les ministres des Affaires étrangères de l'UE cette semaine, ne leur sera pas soumise avant fin juin. Selon le journal, le secrétaire d’État américain John Kerry est intervenu, à la demande d'Israël, auprès de la représentante diplomatique de l'UE, Catherine Ashton.

«Kerry et d'autres hauts responsables américains ont demandé à Mme Ashton et à son équipe, de même qu'à plusieurs Etats majeurs de l'UE, de reporter l'entrée en vigueur de cette mesure», écrit Haaretz. «Selon deux diplomates européens, les Américains estiment que l'application de cette mesure, en ce moment, risque de nuire aux efforts de relance des négociations entre les Palestiniens et Israël», ajoute-t-il. John Kerry est attendu jeudi à Jérusalem et à Ramallah, son quatrième voyage depuis mars.

Accord des 27 pays-membres de l'UE

Dans un communiqué, Hanane Achraoui, une dirigeante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a vivement dénoncé la décision européenne telle que rapportée par Haaretz. «Israël recrute l'administration américaine pour servir ses intérêts et s'épargner toute forme de responsabilité pour ses actions illégales qui sont contraires aux exigences de paix», a accusé Mme Achraoui, membre du comité exécutif de l'OLP. «Tout cela confirme le manque de crédibilité du rôle des Américains dans le processus de paix, ce qui revient à protéger la force occupante (israélienne) et à l'encourager à faire avancer son programme de colonisation», a-t-elle déploré.

En avril, 13 ministres des Affaires étrangères de l'UE, dont le Britannique William Hague et le Français Laurent Fabius, se sont dits prêts à appuyer les démarches de Mme Ashton pour étiqueter les produits des colonies israéliennes. Le 12 mai 2012, puis le 10 décembre de la même année, les États membres de l'UE avaient publiquement affirmé leur intention d'appliquer pleinement «la législation européenne et les accords bilatéraux concernant les biens produits dans les colonies». Toutes les implantations juives en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est occupée et annexée étant illégales au regard du droit international, les biens qui y sont produits ne devraient pas bénéficier des conditions douanières préférentielles accordées par l'UE.

Mais Israël se refuse à un étiquetage spécifique des biens produits dans ses colonies, se contentant de fournir les codes postaux d'origine, et proteste lorsqu'un pays adopte une réglementation en ce sens. En octobre, un rapport publié par 22 ONG indiquait que l'UE importait chaque année 15 fois plus de biens en provenance des colonies israéliennes que des Territoires palestiniens, soit 230 millions d'euros contre 15 millions d'euros.

(L'essentiel Online/AFP)

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